Les travailleurs luttent pour leur pouvoir d’achat sans avoir de relais politique
Que peut faire le CAP ?
Ces dernières semaines, les travailleurs ont commencé à entrer en action dans les entreprises pour obtenir des hausses de salaires et défendre l’emploi. Mais il est frappant de voir que ces luttes restent totalement sur le terrain syndical. Aucun parti n’a pris fait et cause pour les travailleurs ni au parlement ni dans la rue.
C’est en Flandre, où la situation économique est meilleure et le chômage nettement plus faible, qu’ont eu lieu les premières actions et grèves. Mais, sur le plan politique, c’est la Liste Dedecker (populiste de droite) qui surfe sur les sentiments anti-establishment. Et son but n’est pas de mettre en avant une politique sociale mais d’utiliser le mécontentement pour promouvoir une politique encore plus à droite. Un vrai bras de fer est engagé entre Dedecker et le Vlaams Belang pour être la première force d’opposition – mais sur la droite du gouvernement actuel !
En Wallonie et à Bruxelles, par contre, si le mécontentement est de plus en plus sensible dans les entreprises, il n’y a pas encore eu de mouvements d’envergure. Par contre, sur le plan politique, la guerre entre le PS et le MR pour s’affirmer comme le parti dominant amène Di Rupo à essayer de redonner au PS une image clairement de gauche et anti-libérale. Mais, pour cela, il doit évidemment faire le grand écart. Il tire à boulets rouges sur les cadeaux que Reynders fait au grand patronat et s’en prend à la réforme fiscale, à la déduction des intérêts notionnels,… en oubliant évidemment de rappeler que tout cela a été décidé au gouvernement et voté au parlement ces dernières années avec le soutien sans faille du PS ! De plus, là où le PS est au pouvoir sans les libéraux – à Bruxelles et en Wallonie – il continue de mener une politique de cadeaux au patronat qui n’a rien à envier à celle de Verhofstadt.
Si les situations dans les deux communautés semblent donc assez différentes, la même conclusion s’impose pourtant : il n’existe aujourd’hui aucune force politique qui défende avec détermination les intérêts des travailleurs, des chômeurs, des pensionnés,… de tous ceux qui ont de plus dur de boucler les fins de mois.
Pour une liste anti-néolibérale large en 2009
Au vu de la crise politique permanente depuis les élections, il est probable qu’on se dirige vers un regroupement général des élections – européenne et régionale mais aussi fédérale - en juin 2009. Chaque parti se positionne dès à présent pour ces élections, ce qui complique fortement la formation d’un futur gouvernement Leterme. Mais aurons-nous un véritable choix ou seulement un choix entre des partis portant des étiquettes différentes mais finalement unis sur la même politique néolibérale ?
Y aura-t-il une alternative crédible pour tous ceux qui en ont marre de la politique traditionnelle ? Et le Comité pour une Autre Politique pourra-t-il jouer un rôle dans la mise sur pied d’une liste forte pour ces élections? C’est d’ores et déjà l’un des grands défis pour l’année prochaine.
Le CAP réunit encore aujourd’hui un groupe important de militants syndicaux et politiques. Ceux qui pensaient que CAP était voué à disparaître après ses maigres résultats électoraux en sont pour leurs frais. Cependant, le CAP n’a aujourd’hui pas le rayonnement et l’autorité qui lui permettraient de se profiler comme le parti de et pour la classe des travailleurs. Et ce serait même faux d’en faire un objectif aujourd’hui. Mais le CAP peut néanmoins jouer un rôle important dans le processus qui mènera à la création d’un nouveau parti. Les confrontations sociales et politiques que nous allons connaître dans les prochaines années ne pourront qu’alimenter le débat politique.
La question qui occupait les esprits lors de la lutte contre le Pacte des Générations – “Qui nous représente encore ?” – est toujours d’actualité. Dans les discussions à venir, le CAP peut offrir un instrument à tous ceux qui veulent s’atteler à la construction d’un nouveau parti. Le CAP rassemble des individus et des groupes avec des parcours divers et n’a pas de programme achevé et définitif mais un projet auquel chacun peut contribuer. Cette attitude ouverte sera la condition pour pouvoir accueillir ceux qui, à la FGTB et à la CSC, au PS ou à Ecolo ou sans être organisés, sont à la recherche d’une alternative. Une campagne du CAP pour des listes anti-néolibérales larges en 2009 serait une initiative à même d’y contribuer.
Les membres du CAP qui ont mené la campagne électorale ont tissé des liens, accumulé de l’expérience et sont déterminés à aider à la création d’un nouveau parti large des travailleurs. C’est à partir de ce constat que le MAS continue à oeuvrer avec conviction au sein du CAP.
