lundi 31 mars 2008

Luttons ensemble contre le sexisme, le racisme et le capitalisme !

Le 8 mars, Journée internationale des femmes, environ 600 manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade américaine à Bruxelles, à l’appel d’une coordination d’organisations iraniennes et du MAS.

Anja Deschoemacker

Avant le départ, Els Deschoemaker, du MAS/LSP, a expliqué que ce sont les femmes qui sont le plus durement touchées par la politique de guerre internationale des Etats-Unis. Des femmes d’Iran et d’Afghanistan ont également dénoncé cette politique impérialiste.

Si, dans le monde, 70% des pauvres sont des femmes, chez nous aussi, les attaques néo-libérales touchent les femmes de plein fouet. En Belgique, une femme gagne en moyenne 20,5 % de moins qu’un homme, notamment parce que les femmes travaillent souvent dans des secteurs où les salaires sont plus bas et souvent aussi à temps partiel. Dans les couples où l’homme et la femme travaillent un même horaire à l’extérieur, la femme a, en moyenne, 4 heures de temps libre en moins par semaine que son conjoint. Lorsque 2 ou 3 enfants viennent s’y ajouter, cette différence monte à 10 voire 15 heures par semaine.

Pendant la manifestation, Aisha Paulis et IVy Meert ont également pris la parole pour le MAS/LSP, liant la lutte pour les droits des femmes avec l’opposition à l’Union Européenne et à sa politique néolibérale. Les attaques contre les salaires, la dégradation des conditions de travail, l’augmentation du coût de l’enseignement et d’autres services font que les femmes ont plus de difficultés à faire valoir leurs droits et à obtenir une indépendance financière.

La manifestation s’est terminée devant l’ambassade iranienne. Nous avons revendiqué - en néerlandais, en français, en anglais et en farsi – la suppression des lois discriminatoires et des punitions barbares que les femmes subissent, tout comme d’ailleurs les homosexuels et tous ceux qui osent s’insurger contre le régime,… La journée s’est terminée avec un meeting avec des oratrices iraniennes et belges et une fête avec du théâtre et de la musique.

600 personnes, cela ne semble pas beaucoup pour une manifestation autour d’un thème qui touche tellement de gens. Mais, ces dernières années, les luttes des femmes étaient au plus bas. D’une part, parce qu’un certain nombre de revendications ont été atteintes. Ensuite, parce que les plus grandes difficultés de vie et de travail ont créé un certain découragement. Et enfin, parce la domination de la pensée néo-libérale et du post-féminisme a obscurci les enjeux : d’après ces théories, la classe des travailleurs n’existait plus et la majorité de ceux-ci se retrouvaient désormais dans une grande classe moyenne, les femmes n’étaient plus opprimées et il ne tenait qu’à elles de s’en sortir à travers des démarches avant tout individuelles.

Cette période est derrière nous. Les médias parlent aujourd’hui ouvertement de « la fin de la classe moyenne ». Toutes les études et les enquêtes montrent qu’un fossé salarial tenace continue d’exister et qu’en ce qui concerne la violence dans la famille, dont sont surtout victimes les femmes et les enfants, bien peu a changé.

Dés lors, il est clair que, si cette manifestation était la première depuis longtemps, elle ne sera sûrement pas la dernière. Il faudra sans doute encore du temps avant que des couches plus larges de femmes redeviennent à nouveau conscientes de leur position dans la société et de leur capacité à changer les choses. Mais si nous voulons « du pain et des roses » - les biens indispensables à la vie et la possibilité de profiter des belles choses de cette vie - nous devrons lutter pour obtenir des salaires décents et le temps libre pour en profiter, aux côtés des autres travailleurs et des groupes sociaux opprimés.

Et nous devrons nous battre jusqu’à ce que nous puissions en finir avec le système actuel, dans lequel une minorité de capitalistes super-riches utilisent tous les moyens de division possible pour garder sous leur coupe la majorité de la population, et construire une vraie société humaine dans laquelle tout le monde donne selon ses possibilités et reçoit selon ses besoins. C’est ce type de société que nous appelons le socialisme.

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