mardi 26 août 2008

> Première partie de cette brochure

Lutter contre le sexisme est nécessaire (2)

Après avoir exposé la situation guère enviable des femmes, il s’agit maintenant d’exposer les revendications pour en changer. Tout d’abord, nous sommes pour des structures portées par la société permettant aux femmes de ne pas avoir à porter sur leurs seules épaules cette double tache. Des crèches et des garderies gratuites sont fondamentalement nécessaires. De plus, il faut des services publics bien plus développés que ce n’est le cas actuellement, des services collectifs de qualité et accessibles à tous, prenant en charge les lessives, le repassage ou encore des cantines gratuites sur les lieux de travail et les écoles, qui offrent un repas sain et de qualité.

De même il nous semble inévitable d’organiser des services de nettoyages chez les personnes âgées, ou infirmes, les familles nombreuses, etc. mais encore une fois ce travail doit être effectué par des travailleurs ayant un statut de fonctionnaire du service public, avec de bons salaires et de bonnes conditions de travail.

Ensuite, à l’heure où la crise économique se fait ressentir sur l’ensemble du pouvoir d’achat des travailleurs et où les femmes sont les plus durement touchées, nous exigeons des salaires décents pour tous ! Aujourd’hui, le MAS/LSP mène une campagne pour 1 euro de plus de salaire par heure pour répondre à la baisse du pouvoir d’achat. En plus nous voulons mener la lutte pour l’augmentation des salaires dans les secteurs mal payés.

Nous revendiquons aussi une diminution du temps de travail pour tous à 32 heures par semaine sans perte de salaires et avec embauches compensatoires, afin de permettre à tous d’avoir un emploi stable et d’avoir plus de temps pour sa famille, ses loisirs, de l’étude,... Ainsi nous exigeons l’arrêt immédiat de la flexibilité au travail et de la précarité des emplois, de même qu’une restauration totale de l’index!

En ce qui concerne les enfants, nous voulons que la société prenne réellement sa responsabilité, premièrement dans la forme des allocations familiales qui couvrent effectivement les coûts pour élever des enfants. Cela ne permettrait pas seulement à des célibataires d’avoir des enfants sans devenir automatiquement pauvres, mais cela éviterait aussi beaucoup de divorces batailleurs. Nous revendiquons également un enseignement gratuit et de qualité pour tous et ceci à tous les niveaux! Dans les écoles, il est impératif d’avoir des cours d’éducation sexuelle, des campagnes d’informations luttant contre l’acceptation sociale du viol, luttant contre les discriminations et les préjugés,... Pour ce faire, les écoles ont néanmoins besoin de moyens et aujourd’hui il manque bien souvent même les moyens pour les tâches centrales des écoles. C’est pour cela que nous menons depuis déjà des années des campagnes avec des lycéens, des étudiants, des profs et d’autres membres du personnel du secteur pour une augmentation du budget de l’enseignement vers 7% du Produit Intérieur Brut (comme c’était le cas dans les années ‘80)!

Les revendications ci-dessus doivent donner aux femmes une position beaucoup plus indépendante et les libérer de la double tâche. Ainsi, elles pourraient faire de vrais choix sur le terrain des relations et du travail, ce qui leur rendrait plus facile de se libérer des relations dans lesquelles elles sont confrontées à la violence. La violence n’est pas un problème de quelques individus, mais c’est un problème social avec des causes sociales. Les victimes de la violence ou de pressions lourdes doivent être aidées par la société pour échapper à la violence et pour reconstruire une nouvelle vie. Aujourd’hui, il y a à peine des refuges ou d’autres centres où les femmes abusées en situation de crise peuvent se faire aider. Bien que les gens qui y travaillent montrent un engagement énorme, ils ne disposent pas des moyens pour accueillir toutes les victimes qui arrivent chez eux, sans parler des victimes qui n’y arrivent jamais. Ce type de travail a besoin de beaucoup plus de moyens et de beaucoup plus de soutien social. Les femmes abusées devraient pouvoir compter sur la société pour les aider (avec un logement social, un emploi ou une allocation décente, avec de l’aide sociale et psychologique pour se trouver une nouvelle place dans la société,…) et si nécessaire les protéger. Les écoles et les médias doivent donner beaucoup plus d’attention à cette problématique et aussi à des choses comme l’aide aux acteurs de la violence, pour limiter les risques qu’ils retombent dans un comportement de violence. Tout cela devrait recevoir beaucoup plus de subventions et de soutien.

IL FAUT CHANGER DE SOCIETE

Ces revendications sont tout à fait applicables si on tient compte des moyens dont dispose actuellement la société. Jamais auparavant autant de richesses n’ont été produites. Mais de telles revendications ne vont jamais être acquises de manière durable et complète sous le capitalisme. Comme nous l’avons illustré à plusieurs reprises, le système capitaliste, dirigé par une classe dominante avide de profits, a tout intérêt à la division de la classe exploitée.

En effet, non seulement la bourgeoisie utilise les discriminations (qu’elles soient sexistes, racistes, religieuses, etc.) pour asseoir son pouvoir et faire pression sur l’ensemble des conditions de travail, comme le dit le vieil adage «diviser pour mieux régner». Mais, en plus, le sexisme lui permet d’engendrer encore plus de profits par la création de nouveaux marchés et le développement de l’industrie du sexe ou de l’industrie cosmétique, comme cela a été expliqué.

C’est pourquoi nous pensons qu’il est nécessaire pour l’ensemble de la population mondiale, quelque soit le genre, d’avoir une société basée sur les besoins de chacun et non sur le profit, dans laquelle le travail serait divisé équitablement, tout comme les richesses produites. Une société dans laquelle les services collectifs seraient largement développés. Une société qui prendrait en charge de manière significative l’éducation et le bien-être des nouvelles générations. Une société qui offrirait de réelles structures aux victimes de violences. Une société dans laquelle les femmes pourraient être complètement indépendantes de leurs conjoints et donc choisir réellement librement.

Mais une telle société ne peut fonctionner que si elle est contrôlée démocratiquement pour et par l’ensemble des travailleurs, et non par une poignée de riches s’engraissant sur l’exploitation de la majorité de la population. C’est ce que nous appelons une société socialiste. L’émancipation des femmes ne peut être possible que par l’avènement d’une telle société, tout comme cette dernière ne peut exister que si elle amène une réelle libération de la moitié féminine de la population mondiale.

IL FAUT S’UNIR HOMMES ET FEMMES ET REAGIR

Pour toutes ces raisons nous pensons que la lutte contre le sexisme n’est pas à isoler de la lutte contre l’ensemble du système qui l’engendre. Le seul moyen de mettre terme aux inégalités sexistes c’est de s’attaquer à leur cause, c’est à dire à ceux qui les entretiennent et qui en profitent. Ces dernières années ont montrés clairement les limites de l’action individuelle et des tentatives de s’élever individuellement dans la société comme le prônent les post féministes. Ces tactiques n’ont pas pu convaincre une majorité pour l’égalité des femmes, ni conduire à un changement dans la situation de la majorité des femmes.

Les femmes ne doivent pas mener un combat contre les hommes, c’est au contraire ensemble que nous devons lutter. En effet, la majorité des hommes ont eux aussi tout intérêt à l’avènement d’une société socialiste. Le capitalisme ne leur offre pas non plus de conditions de vie, ni de perspectives réjouissantes. De plus, bien qu’il peut leur sembler de prime abord être plus fort dans le rapport sexiste, en réalité l’existence même du sexisme et du système économique qui l’engendre, amène des pressions permanentes sur les conditions de vie et perverti les relations familiales et amoureuses par la dépendance de la femme.

Alors, si toi aussi, tu es convaincue de la nécessité de renverser le système capitalisme pour éradiquer le sexisme, et si tu cherches un parti révolutionnaire dans lequel t’organiser et discuter (entre autre) de la problématique des femmes, notre organisation et sa commission femme est quelque chose pour toi! Si tu veux participer à nos campagnes ou si tu veux en savoir plus, contacte-nous!