Piquets à Namur
La journée a commencé à 6 heures, quand les militant(es)s de la CGSP se sont rassemblés à la maison André Genot. Là, un camarade nous a répartis sur les différents piquets présents à Namur. J’ai été affecté au piquet d’Electrabel sur le site de Loyers (Namur). Là, avec une vingtaine de personnes, principalement des femmes de la délégation du centre hospitalier régional, nous avons débuté la journée.
Sur les piquets, les discussions étaient centrées sur le manque de consignes claires et la désorganisation au sein de la FGTB. Les travailleurs et les délégués de base ont pour beaucoup envie d’en découdre avec le patronat et le gouvernement. Certains n’hésitent pas à demander pourquoi l’on a attendu aussi longtemps pour entrer en action et pourquoi les actions sont si modérées, ce qui révèle la combativité des travailleurs et en l’occurrence des travailleuses.
Au piquet, plusieurs personnes ont tentés de franchir l’entrée, mais les travailleuses les ont repoussés de manière ferme! Trois personnes se sont montrées plus agressives, ces dernières faisaient montre d’une totale incompréhension de l’action entreprise, ils ont ressortis les arguments classiques du patronat pour dire que ce genre d‘actions menaçaient l‘emploi. Encore une fois, les travailleuses leur ont expliqué que nos conditions de vies étaient à ce point dégradées que seule l’action solidaire pouvait enrayer le mouvement. Malgré cela, des personnes ont quand même franchi le piquet par bousculade. Toutefois, le séminaire qui devait avoir lieu là-bas n’a pas pu se tenir car l’immense majorité des gens avaient rebroussés chemin.
Une autre discussion a été la concurrence entre travailleurs belges et étrangers (particulièrement les travailleurs issus des pays de l‘est). Il est absolument nécessaire de construire un parti autour de la base syndicale qui défende nos revendications sur le pouvoir d’achat des travailleurs, ou la pourriture d’extrême-droite aura un créneau pour la division de la classe ouvrière sur base nationaliste et raciste.
À 10 heures 30, lorsque l’ensemble du personnel de ce site est reparti en abandonnant définitivement l’idée de travailler, nous sommes repartis vers la maison André Genot. Là, un café a été servi pour réchauffer les troupes avant d’écouter le discours de la présidente de la FGTB, Anne Demelenne, qui était présente sur le site centrale d’Electrabel. Les travailleurs ont écouté avec politesse, mais sans grand enthousiasme.
En substance, Anne Demelenne a félicité les travailleurs namurois pour leur mobilisation et elle a ensuite fait la liste des principales provocations patronales en répétant après les revendications de la FGTB par rapport au pouvoir d’achat. Malheureusement, aucune perspective n’a été présentée aux militants. Pour être exact, la présidente de la FGTB a rappelé que les syndicats et les militants qui font directement face à la dégradation de la situation économique ont été plus que patients. En filigrane, elle a demandé au gens d’attendre encore, car les actions iraient crescendo et la prochaine étape serait la déclaration de politique générale de Leterme. Au vu de la détermination des travailleurs et des travailleuses, il est certain que si celui-ci ne trouve pas d’argent après avoir pondu des milliards pour sauver la bourse, les travailleurs passeront à l’action.
Cette journée d’action n’était qu’un début. Il faudra d’autres mobilisations pour forcer le gouvernement et le patronat à faire des concessions et à partager les profits qu’ils ont accumulé ces dernières années. Dans ce cadre, on ne fera pas l’économie de la question d’un parti syndical qui puisse porter et défendre les intérêts de la classe ouvrière.
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