La colère chez Carrefour ne diminue pas, notamment au piquet de Bierges (Wavre)
Une majorité des travailleurs présents étaient déterminés à ce que le carrefour reste fermé ce lundi 10 novembre ; d’autres membres du personnel, convoqués la veille par la direction pour travailler malgré le préavis de grève, étaient présents. Ils ne revendiquaient pas le droit de travailler, mais leur présence était bien une obligation. On peut aussi noter que parmi ces membres du personnel étaient surtout présents l’équipe de management ainsi que les emplois précaires (CDD et intérimaires), le Carrefour de Bierges utilisant particulièrement ces derniers.
Le droit de grève en question
Des couleurs, il y en avait aussi d’autres : celles de la police, amenée en renfort par la direction, accompagnée par le nouveau fer de lance du patronat pour briser les grèves : l’huissier de justice. Mais contrairement à celui du Carrefour de St Pieters-Leeuw de ce samedi, celui-ci n’a pas réussi son coup comme il l’aurait voulu : avant de distribuer ses astreintes, il doit lire une ordonnance. Le malheureux n’en aura pas eu la possibilité, ayant en face et autour de lui des dizaines de travailleurs en colère armés… de sifflets, ne lui permettant même pas de s’entendre lui-même parler.
L’huissier entreprit dès lors de dépasser ce formalisme judiciaire en tentant quand même la distribution de ces astreintes aux travailleurs, mais ce fut un nouvel échec pour les opposants au droit de grève : les travailleurs trouvèrent l’astuce de tourner en rond à l’approche de l’huissier, ce faisant ils ne bloquaient le passage de personne et ne pouvaient être arrêtés pour ce prétexte !
Devant un rapport de force à sens unique, la direction locale du Carrefour de Bierges proposa le compromis suivant : l’hypermarché restera fermé à condition que 6 délégués signent les astreintes. Ce qui fut fait, mais quelques minutes plus tard, la direction de Carrefour, depuis la France, déshonora le compromis et donna l’ordre de forcer l’ouverture. Quelques personnes tentèrent pour la forme de rentrer par le restaurant accolé au Carrefour, mais cette tentative ressembla plus à l’aveu d’un échec et à la victoire pour la défense du droit de grève et de conditions de travail décentes pour tous les travailleurs de Carrefour, qu’ils soient ou non proches de la côte.
La défense pour plus de pouvoir d’achat passe par la lutte pour des salaires décents pour tous
Il n’y eut finalement pas d’altercation avec la police, étant donné qu’il n’y avait pas de provocation de personne « voulant travailler », la détermination présente était celle pour défendre des salaires décents. « On a droit à des primes de croissance, mais on a beau tout faire les chiffres ne sont jamais bons pour nous. Pour le PDG, c’est une prime de 38 millions d’€ pour prestations insuffisantes». Les discours de « salaires à la primes » ne sont que des arnaques néo-libérales pour les travailleurs.
Pour défendre le recours aux huissiers de justice, certains responsables du patronat, notamment à Carrefour, se présentent en défenseur du « droit de travailler », qui existerait aussi à côté du droit de grève. Ont-ils tenu le même discours aux 1.560 personnes qui ont perdu leur emploi chez Carrefour pendant la seule année 2007 ? Proposent-ils des emplois décents pour les chômeurs ? La réponse à ces questions peut-être ramenée que pour travailler dans de telles conditions, c’est par obligation que chaque travailleur est présent, pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Défendre son pouvoir d’achat, c’est par plus de salaire et avec des conditions de travail décentes pour tous les travailleurs que cela est possible, que ce soit à Carrefour, en zone ensoleillée, ou ailleurs. La présence de travailleurs d’autres secteurs montre que c’est un message clair : le droit de grève et les conditions de travail décentes pour tous, c’est au piquet de grève même qu’on les défendra !
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