Liège: Manifestation de la FGTB pour le pouvoir d'achat
La régionale Liège-Huy-Waremme de la FGTB avait appelé pour aujourd'hui à une manifestation de délégués dans le cadre des mobilisations pour plus de pouvoir d'achat. Un petit millier de personnes étaient présentes et ont défilé dans les rues de la Cité Ardente.
Cette manifestation était la première initiative syndicale depuis les actions du 6 octobre, sous la forme d'une grève générale à Liège. Pour cette journée, il y a déjà plus d'un mois, l'absence de consignes et de mots d'ordres clairs avait été frappante (voir notre bilan de cette journée: La combativité et la volonté d’action étaient présentes, les mots d’ordres clairs étaient absents.). Le même constat peut être tiré aujourd'hui.
Il est bien entendu très positif que des régionales de la FGTB appellent à des manifestations. Mais ici, cela se fait en l'absence de toute stratégie, si ce n'est de faire parler du pouvoir d'achat dans la presse. Quels sont les prochains pas à mettre en avant? Que dire à la base au retour de la manifestation? Il y a peut-être eu des discussions à la direction de la régionale sur le cadre dans lequel se place cette mobilisation, mais rien n'a été dit à la tribune.
Marc Goblet, le président de la régionale, a été très virulent dans le constat de la situation actuelle. Moins dans les revendications mises en avant ou encore dans les prochaines étapes de la construction d'un rapport de force pour lutter efficacement. Il a bien entendu été question des 22 milliards d'euros qui ont été tellement rapidement trouvés pour sauver les banques et les actionnaires, alors que rien n'arrive pour le pouvoir d'achat. Il a aussi été question des provocations patronales concernant les coûts salariaux "trop élevés" en Belgique. Comme l'a fait remarqué Marc Goblet, les 320.000 intérimaires qui travaillent chaque jour, alors qu'un travailleur normalement engagé revient moins cher, indique que cela ne constitue pas un si grand problème pour les entreprises. Mais par contre, peut a été dit sur la nécessité de relever les salaires de façon conséquente.
Il a encore été bien surprenant de remarquer que rien n'a été dit sur les attaques contre le droit de grève qui se sont développées ces derniers temps. Pas un mot! Pourtant, il faudra encore lutter et recourir aux grèves si l'on veut vraiment obtenir satisfaction pour de meilleurs salaires et pour une véritable augmentation de notre pouvoir d'achat. Peut-on estimer que le recours aux huissiers et à la police sont des évènements anodins?
On peut encore observer que rien n'a été à nouveau dit au sujet d'un plan d'action, de ce qu'il faut se préparer à faire par la suite. Les "partis de gauche" ont été appelés à soutenir les revendications syndicales, après avoir reçu quelques critiques, mais doit-on encore vraiment attendre quelque chose du PS? D'ECOLO peut-être? Finalement, en guise de revendication concrète, il a été question d'une fiscalité plus juste et de la création d'une banque publique. On s'attendait à voir venir sur la table la revendication d'un impôt sur les fortunes ou la suppression des cadeaux fiscaux que les précédents gouvernements ont accordé avec largesse au patronat mais, malgré la dénonciation de ces faits plus tôt dans le discours, l'éléphant a accouché d'une souris: la diminution de la TVA sur l'énergie de 21 à 6%. Cette revendication n'est pas mauvaise en soi, mais quant on parle de la dégradation de notre pouvoir d'achat, il s'agit d'un saut de puce là où des bottes de sept lieues sont nécessaires.
Quant à la question d'une banque publique, il s'agissait d'une revendication visant à aider les entreprises. Pour Marc Goblet, l'économie doit être une "économie de marché régulée et planifiée". Mais une économie planifiée et une économie de marché ne sont pas deux choses compatibles. Tant qu'il existe, le "marché libre" équivaut à une "chute libre" pour les travailleurs.
Après ce discours somme toute décevant, une ballade a suivi dans les rues du quartier sans slogans ni banderoles, avec juste quelques pancartes.
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