mercredi 10 décembre 2008

Accord salarial : un patronat gourmand aux frais la collectivité

Travailleurs : 15 euros en plus par mois. Patronat : 55.000.000 euros en plus par mois

La proposition pour l’accord salarial est très chère. Mais si tous les médias en parlent, ce qu’ils ne disent pas est que les coûts élevés sont unilatéralement du côté patronal. Le patronat a exigé 1,5 milliard d'euros sur deux ans, mais s'est finalement contenté d'un compromis : 1,3 milliard.

Les propositions qui se trouvent sur la table sont absolument insuffisantes pour les employés. A la place d'une réelle augmentation des salaires, il est question d’un système alternatif qui généralise le système des boni salariaux. Cela peut sembler positif que chacun reçoive 125 euros en 2009 et encore 250 euros en 2010. Mais ces 375 euros en deux ans (15 euros par mois) font pâle figure vis-à-vis de la perte de pouvoir d'achat de cette dernière période. En plus, le danger de cette sorte de mesure est que ce n’est pas nécessairement considéré comme un droit acquis, mais peut être comme des primes uniques.

Avec l'attribution de ces primes (possible via des chèques-repas), on évite que la sécurité sociale ne doive être payée sur ces montants. Cela peut sembler être une situation où tous le monde gagne : nous obtenons plus de salaire net et le patronat doit payer à peine plus. Mais la réalité est plus complexe : miner la sécurité sociale et les moyens de la collectivité signifie des économies sur notre dos ailleurs. La démolition de la sécurité sociale fera peu de mal au topmanagers, mais pour nous le coût de la vie ne fait qu’augmenter davantage. Ce que nous gagnons d’un côté, nous le perdons de l’autre. Qui y gagne ? À côté du patronat, nous ne voyons pas à vrai dire pas beaucoup de gagnants. La revendication de plus de pouvoir d'achat par plus de salaire reste actuelle, mais elle a complètement disparu de cette proposition d’accord salarial. Les actions pour plus de pouvoir d'achat n’ont-elles servi à rien ?

Le patronat sort grand gagnant de ces négociations. La revendication patronale d’obtenir 1,5 milliard d'euros de cadeaux a été refusée par les syndicats. Ceux-ci ont acquiescé à 0,8 milliard, la revendication supplémentaire de 0,7 milliard a été de trop. Dans la proposition du médiateur, il s’agit de 1,3 milliard de cadeaux directs au patronat (ce qui correspond à 54,7 millions d'euros par mois en 2009 et 2010). À cause de cela, la facture de l'accord salarial semble effectivement très salée. Dans les cercles gouvernementaux, il est alors dit que : “ les partenaires sociaux ont été gourmands.”. En acceptant une dégradation future du niveau de vie des travailleurs en limitant les adaptations salariales à l’index, les représentants des syndicats n’ont pas été très gourmands lors de la concertation...

Les patrons ont continuellement reçus des cadeaux ces dernières années. A chaque fois c’était sous l’excuse que le patronat veillerait à promouvoir l’emploi. Cet argument a habilement été retourné, et c’est maintenant pour maintenir l’emploi que l’on donne ces cadeaux. Ces dernières années, aucune emploi n'a été créé, mais des bénéfices record ont été réalisés. Pourquoi le patronat se soucie-t-il aujourd'hui soudainement de l'emploi? Nous n’avons pas encore oublié les bénéfices gigantesques des entreprises et continuons d’exiger notre part du gâteau. Mais selon la logique patronale, cela mènera ensuite uniquement à des attaques ailleurs sur notre pouvoir d’achat. Nous devons en outre payer une partie du prix de la crise en acceptant que les moyens de la collectivité soient dévalisés.

Il est temps de rompre avec cette logique. La direction des syndicats ne serait pas contre les propositions du médiateur selon les médias. Qu’attendent les dirigeants syndicaux pour soumettre effectivement cette proposition à la base pour mener le débat et prendre une décision démocratiquement ?


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