jeudi 8 janvier 2009

Halte au bain de sang à Gaza !

Pas de libération sans lutte de masse

Des millions de gens laissent éclater leur colère contre les bombardements arbitraires qu’inflige l’une des plus puissantes armées du monde au territoire le plus densément peuplé du monde où les gens sont enfermés sans carburant, sans eau et sans médicaments pour soigner les blessés. Près de mille Palestiniens, dont bon nombre d’enfants, ont déjà perdu la vie. L’offensive terrestre a morcelé encore davantage la petite bande côtière. Cette attaque doit se voir dans le cadre de la politique de «diviser pour mieux régner» de la classe dirigeante israélienne.

Tract du Parti Socialiste de Lutte (ex-Mouvement pour une Alternative Socialiste)

Tract en version PDF

Officiellement, le gouvernement israélien veut mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes sur le Sud d’Israël. En réalité, Israël n’a pas attendu la fin de la trêve pour tuer des Palestiniens à Gaza. En Cisjordanie, d’où on ne tire pas de roquettes, l’armée israélienne n’en a pas moins détruit des habitations palestiniennes et tué des Palestiniens avec la régularité d’une horloge. Le refus de laisser entrer l’aide humanitaire à Gaza et le meurtre de 5 militants du Hamas le 5 novembre dernier ont fait en sorte que le Hamas et le Djihad islamique n’ont plus vu d’autre issue que la reprise des tirs de roquettes.

En réalité, le gouvernement israélien - qui atteint ici le comble du cynisme - n’a que faire du sort de la population juive des alentours de Gaza. Il ne veut que détourner l’attention de ses innombrables scandales de corruption et rétablir sa position électorale face au Likoud. Il veut du même coup rétablir la capacité de dissuasion de l’appareil militaire après sa défaite au Liban il y a un peu plus de deux ans. Enfin, il espère pouvoir mettre en œuvre un changement de régime sur le modèle de Bush en Irak. Cette fois, il s’agit pourtant d’un gouvernement élu, une exception dans le monde arabe où les régimes agissent tous dans l’intérêt de leur propre bourgeoisie et ne veulent donc pas trop dévier des positions d’Israël et des Etats-Unis.

L’armée israélienne ne s’attend pas à une victoire facile. Le Hamas a beau être affaibli par le blocus, les exécutions sommaires et les arrestations de ses dirigeants, sa base sociale est intacte et même renforcée par l’offensive israélienne. Les jeunes Palestiniens seront nombreux à reconnaitre le Hamas - bien moins corrompu que le Fatah - comme le leader de la résistance face à l’occupation. Nombre de jeunes qui ont perdu des proches et des amis se porteront volontaires pour des actions suicide contre des cibles israéliennes. Une guerre terrestre peut multiplier le nombre de morts, y compris du côté israélien. Même la machine de propagande israélienne, qui a fait en sorte que 80% des Israéliens soutiennent les attaques aériennes, n’a pu en convaincre que 19% de l’opportunité d’une invasion terrestre.

Le Hamas a réussi à gagner le soutien de larges couches sur base de sa résistance à l’occupation et de ses réseaux de soins de santé et d’enseignement. Il n’a pourtant pas de stratégie pour vaincre l’occupation ou améliorer le niveau de vie des masses palestiniennes, car il se base sur la continuation du capitalisme. Il va de soi que les Palestiniens ont le droit de résister les armes à la main à l’occupation. Mais la stratégie des tirs de roquettes à l’aveuglette ou des attentats suicides contre des Israéliens sans distinction n’affaiblira pas l’Etat israélien. Bien au contraire, cela dissuade les travailleurs israéliens de soutenir la lutte de libération des Palestiniens et fait le jeu de la classe dominante israélienne. Tous les acquis de la lutte des Palestiniens ont toujours été imposés par des mobilisations de masse, ce qui suppose des comités démocratiques plutôt que des milices clandestines.

Les Nations-Unies, la Ligue Arabe et l’Union Européenne sont des instruments de l’impérialisme sur lesquels la population palestinienne ne peut pas compter. Les travailleurs de la région ne peuvent compter que sur eux-mêmes en construisant des organisations ouvrières indépendantes des deux côtés de la ligne de front. Le 3 janvier, 10.000 Juifs et Palestiniens ont manifesté à Tel-Aviv contre la guerre à Gaza. Deux-tiers des Juifs israéliens soutiennent l’idée d’un Etat palestinien et ils seraient encore plus nombreux si la perspective d’un Etat ouvrier démocratique se dessinait. Cela les renforcerait aussi dans la lutte contre leur classe dominante réactionnaire.

  • Halte au massacre, halte au blocus de Gaza et à l’occupation
  • Pour une escalade d’actions anti-guerre, y compris par des interruptions de travail
  • Aucune confiance dans les gouvernements capitalistes et leurs institutions internationales
  • Pour des organisations ouvrières indépendantes en Israël et en Palestine
  • Pour un socialisme démocratique dans tout le Moyen-Orient


Dimanche 11 janvier : Manifestation contre la guerre à Gaza à 14h, Gare du Midi à Bruxelles

Lundi 12 janvier : Meeting du Parti Socialiste de Lutte (ex-Mouvement pour une Alternative Socialiste) contre la guerre de Gaza à 19h au Pianofabriek, Rue du Fort 35, 1060 Saint-Gilles (Bruxelles)


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