Un lundi noir pour l’emploi
On nous avait d’abord assuré que l’économie mondiale était saine, que le système avait définitivement repoussé ses contradictions. On nous a ensuite dit que la crise ne s’étendrait pas au monde entier. Enfin, on nous a assuré que « l’économie réelle » serait épargnée. Mais, à travers le monde, les suppressions d’emplois annoncées ce lundi uniquement se comptent en dizaines de milliers.
Les qualificatifs que les économistes ont utilisés pour l’année 2008 étaient extrêmement sombres ; on a parlé d’année catastrophique ou encore de cauchemard. Mais 2009 s’annonce devoir être une année encore plus néfaste pour l’économie. Et c’est aux travailleurs de trinquer…
Le quotidien flamand De Standaard a révélé dans son édition d’hier que les grosses entreprises (c-à-d de plus de 1.000 personnes dans le secteur financier et de plus de 2.000 dans les autres) ont licencié de part le monde 552.520 personnes depuis le mois de septembre 2008. Il faut encore ajouter à ce chiffre les nombreuses petits entreprises qui ont elles aussi procédé à des renvois, ou qui sont tombées en faillite.
Ce lundi a été particulèrement dévastateur… La banque ING a ainsi annoncée qu’elle allait supprimer 7.000 emplois cette année (dont 300 dans notre pays semble-t-il) pour économiser un milliard d’euros. Le patron d’ING est aussi poussé vers la porte, mais les travailleurs regarderont avec envie son indemnité de départ de 1,3 million d’euros…
Philips veut supprimer 6.000 postes cette année, Caterpillar 20.000 (soit 18% de ses effectifs), l’entreprise pharmaceutique Pfizer environ 13.000 d’ici 2011 (10% de ses effectifs), l’entreprise de télécom Sprint Nextel 8.000 (14% de ses effectifs), la chaîne de supermarchés de bricolage Home Depot 7.000, General Motors 2.000.
Cela intervient après différentes annonce fracassantes, Ericsson, Lenovo, Logitech, Motorola et Microsoft ont annoncé ensemble en janvier la suppression future de 22 000 postes ! D’ici la fin de la semaine, l’entreprise de sidérurgie Corus, une filiale du groupe indien Tata Steel qui est le deuxième producteur d’acier d’Europe, devrait annoncer la suppression de 3.500 emplois.
La question que de nombreuses familles se posent est : a qui le tour maintenant ? Sans résistance et sans offensive syndicale, il sera impossible d’éviter le bain de sang social, impossible d’arriver à l’application d’un véritable programme anticrise qui s’en prenne aux responsables et protège les travailleurs. Les différents plan anticrise se résument à ces quelques mots : trop peu, trop tard… Ainsi le plan d’Obama parle-t-il de sauver entre 3 et 4 millions d’emplois les années à venir alors que, sans encore parler de la possibilité même d’y arriver selon son projet, il y a déjà eu 2,8 millions de pertes d’emplois aux USA en 2008 !
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