jeudi 29 janvier 2009

Contre l’Europe du capital, pour une Europe socialiste!

Déclaration commune de la LCR et du PSL

La Belgique, comme tous les pays de l’Union Européenne, subit de plein fouet la crise. Cette dernière n’est pas le résultat d’une «mauvaise gestion», de l’absence de «règles» de ce système ou d’un «mauvais capitalisme financier» prétendument opposé au « bon capitalisme industriel». Cette crise est le résultat direct de la nature et de la logique du capitalisme tout court, un système qui a pour seul objectif le profit maximal et à court terme, quelles que soient les conséquences.

L’Union Européenne a été un moteur et le prétexte de tous les gouvernements successifs, en Belgique comme dans toute l’Europe, afin d’imposer aux travailleurs/euses les politiques qui ont directement mené à la catastrophe actuelle. Pourtant, aujourd’hui encore, ce sont les victimes de la crise et non ses véritables responsables qui doivent une fois de plus payer la note: licenciements massifs, augmentation du chômage, blocage des salaires et des allocations sociales, mise en chômage temporaire,…

Face à ces attaques, les travailleurs/euses et leurs familles se retrouvent bien seuls. Toutes les formations présentes au Parlement, y compris la sociale-démocratie et les verts, ont choisi d’embrasser la logique du « libre » marché. Cette absence totale de représentation politique pour le mouvement ouvrier a ouvert l’espace à la propagation du poison raciste et illustre à quel point il existe un vide à la gauche de la gauche institutionnelle. Cela laisse le champ libre aux politiciens traditionnels pour diviser les travailleurs au maximum, entre autres sur base communautaire.

Cette situation a conduit dans beaucoup de pays à des discussions sur la nécessité de bâtir un instrument politique capable de traduire les luttes des travailleurs/euses sur le terrain politique. Ainsi, en France, se construit le Nouveau Parti Anticapitaliste avec Olivier Besancenot, la LCR française et d’autres, telle que l’organisation sœur du PSL, la Gauche Révolutionnaire.

A travers sa lutte contre les conséquences de cette crise, le mouvement ouvrier va, en Belgique également, ressentir de plus en plus le besoin de mener une telle discussion dans le but de construire une représentation politique totalement indépendante de la bourgeoisie. Les conditions de formation d’un tel parti mûrissent au cours des luttes et ne peuvent pas être remplacées par la simple addition des courants de la gauche radicale existants. Mais, parallèlement, il n’existe pas un lien automatique entre l’existence des conditions pour la création d’un tel parti et sa réalisation, cela exige une intervention consciente. La gauche radicale peut jouer un rôle en aidant à impulser ce processus.

Le Parti Socialiste de Lutte et la Ligue Communiste Révolutionnaire se présentent ensemble aux prochaines élections européennes, afin de susciter cette discussion parmi des couches relativement larges de la population, sur une liste qui remet clairement en question l’Union Européenne et ses institutions non-démocratiques.

Le combat pour une toute autre Europe passe par la nécessaire convergence et coordination des mobilisations et des luttes sociales à l’échelle européenne et leur traduction sur le terrain politique.

A côté de nos spécificités programmatiques, nous défendons ensemble les points suivants :

  • Contre l’Europe du capital qui divise les travailleurs/euses pour mieux les exploiter. Contre chaque discrimination basée sur l’origine, l’âge, la couleur, l’orientation sexuelle, etc., pour une Europe solidaire et d’unité des travailleurs/euses!
  • Pour une égalité réelle entre femmes et hommes; à travail égal, salaire égal ; pour une augmentation des salaires dans les secteurs à bas salaire; pour que le droit à l’interruption volontaire de grossesse soit partout libre et gratuit.
  • Pour des services publics gratuits et de qualité. Contre la privatisation et le démantèlement des services publics. Pour la renationalisation de tous les services publics privatisés.
  • Face au défi climatique, mobilisons l’ensemble du potentiel technique et scientifique par une planification démocratique de la production, seule garantie afin de permettre une transition vers l’utilisation exclusive des énergies renouvelables.
  • Pour la redistribution du temps de travail, 32 heures par semaine sans perte de salaire et avec embauches compensatoires, comme seule manière de lutter effectivement contre le chômage, et non contre les chômeurs/euses.
  • Contre les licenciements : nationalisation sous contrôle démocratique des travailleurs/euses des entreprises qui font des licenciements collectifs, afin d’organiser la production selon les besoins de la population et pas au profit des actionnaires.
  • Nationalisation de tout le secteur financier, pour un organisme bancaire et de crédit unique, public, géré et contrôlé démocratiquement par les travailleurs/euses en lien avec la population et pour financer les besoins réels: logement, services…

Contre l’Europe capitaliste, nous défendons dans les luttes et dans les urnes la nécessité et l’urgence d’une autre Europe ; de solidarité entre les travailleurs/euses, écologique, féministe et internationaliste : une Europe socialiste.


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