Le vent de la crise balaye l’économie réelle
Bien des déclarations rassurantes faites au début de la crise sont devenues aujourd’hui ridicules à la lumière du choc avec la réalité. Parmi elles figurent tous ces discours rassurants sur la force de l’économie réelle et sur son découplage vis-à-vis de l’économie financière. Quand on regarde les dernières données sur la chute de la production dans le monde, il est évident que personne n’oserait plus sortir une bêtise pareille…
Le terme de ‘chute’ est encore bien léger, il s’agit plutôt d’un plongeon. Pour l’année 2008, il a été de -12% en Allemagne, de -10% aux USA, de -21% au Japon et de -32% à Taïwan ! La production de voitures à elle seule s’est effondrée de 60% en une année aux Etats-Unis. Mais ce qui est surtout intéressant à noter, c’est la dynamique en place, le rythme adopté par cette descente aux enfers. Les chiffres pour le seul dernier trimestre de 2008 sont ainsi de -6,8% en Allemagne et de -3,6% aux USA. En Allemagne, si tous les trimestres de 2009 ressemblent au dernier de 2008, cela représenterait une chute de - 25%...
De telles données ont évidemment leurs répercussions sur les prévisions de (dé)croissance économique pour cette année. On parle maintenant d’une chute de - 5% du Produit Intérieur Brut en Allemagne, et la Belgique n’est pas plus à l’abri de ce scénario que les autres pays. Ici aussi, les prévisions économiques se suivent et ne se ressemblent pas. En décembre dernier, la Banque Nationale prévoyait encore une croisance négative de -0,5%, pour tout de même réévaluer récemment ce chiffre à -1,9%. Mais à en croire Geert Noels, l’économiste en chef du groupe financier Petercam, il faudrait au moins doubler cette dernière prévision déjà pessimiste pour approcher de la réalité. Et l’année ne fait que commencer…
En plus des coups subits par ‘l’économie réelle’ actuellement, les problèmes du monde financier ne sont pas encore terminés. A titre d’exemple, si le monde de la finance en Europe a moins prêté le flanc aux fameux subprimes - les fameuses hypothèques à grand risque - il s’est par contre plus laissé séduire par les sirènes de l’Est… Les banques belges ont ainsi investi pour 139 milliards de dollars dans les banques et Etats de l’Europe de l’Est, record battu uniquement par l’Autriche.
Or, à l’Est, la crise frappe aussi, durement, notamment pour tous ceux qui ont contractés des emprunts en euros. Avec un taux d’intérêt plus bas que localement, la zone euro s’est attiré pas mal d’affaires, mais les salaires sont restés en monnaie locale… et la devise polonaise a par exemple dévissé de 30% ! Résultat, les Polonais qui avaient contracté des emprunts en euros doivent maintenant payer 30% de plus. Le vent de cette ‘crise des subprimes de l’Est’ doit encore souffler.
Nationalisations, sous le contrôle démocratique des travailleurs
La nationalisation du secteur financier est de plus en plus considérée comme l’option la plus sérieuse, notamment par Nouriel Roubini - économiste hier encore inconnu et aujourd’hui sous les feux de la rampe pour avoir prédit cette crise (tout comme notre internationale, le CIO). Pour lui, la seule solution est une nationalisation de tout le secteur, à moins de devoir délivrer paquets de sauvetage sur paquet de sauvetage (1.000 milliards de dollars ont déjà été dépenser pour amortir les pertes des banques de par le monde…).
C’est également la solution que nous mettons en avant, mais pour l’ensemble des secteurs clés de l’économie (finance, énergie, sidérurgie,…), et sous le contrôle démocratique des travailleurs et pas sous les ordres d’un gaillard mandaté par l’Etat pour assurer le retour le plus rapide possible dans les mains du privé. Nous avons pu voir quel était le résultat des efforts des spécialistes bourgeois dont le seul intérêt est le profit des actionnaires, assurons-nous que l’économie fonctionne maintenant en faveur des intérêts des véritables créateurs de richesses : les travailleurs !
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