vendredi 27 février 2009

Nous n'allons quand même pas nous laisser jeter à la porte un par un?

Pour une marche nationale pour l'emploi!

Pendant des années, nos entreprises ont été pillées par les boni record accordés aux managers et par les dividendes qui ont crevé le plafond. La facture est tombée en 2008. Avec 8.472 faillites – autre record – ce sont des milliers de travailleurs qui ont vécu la fermeture de leur entreprise. Mais la riposte a déjà commencé dans plusieurs pays. Tous ensemble, les travailleurs y refusent de payer pour la crise. En Belgique aussi, il est grand temps de rassembler nos forces dans un mouvement national. Une grande Marche pour l’Emploi serait le meilleur premier pas à faire dans cette voie.

Par Eric Byl

Le record de faillites de 2008 sera vite dépassé. Cette année sera pire encore, bien pire. Selon le Service Public Fédéral Economie, 776 entreprises auraient déjà fait faillite en janvier uniquement, soit 13,8% de plus qu’en janvier 2008... En trois mois, 2.300 faillites ont eu lieu, 19,5% de plus que durant la même période l’année précédente. C’est en Flandre, le « pays des PME » que l’augmentation a été la plus forte (24,6%). En Wallonie, le nombre de faillites a grimpé de 13,8% et à Bruxelles, de 15,2%. Certains économistes redoutent un véritable effondrement de l’économie.

La réaction des syndicats n’est malheureusement pas à la hauteur de la situation. Nous n’avons rien eu de plus que de rares marches funèbres. A ce rythme, nous pourrons nous rendre chaque semaine à l’enterrement de l’une où l’autre entreprise. Car le plus gros doit encore arriver. En février, DAF a déclaré que le licenciement en octobre de 700 travailleurs temporaires et intérimaires n’était pas suffisant et qu’il faudrait encore faire disparaître 873 emplois. En 4 mois, une entreprise de 2.400 travailleurs aura ainsi été réduite en une de 900. Mais cela ne sera pas comptabilisé dans les chiffres de faillites, car il ne s’agit ici que d’une “restructuration”.

Et puis il y a GM. Au moins 2.800 emplois sont menacés directement à Anvers, et facilement 10.000 indirectement. Les syndicats s’accrochent à un « autonomie » de la branche européenne et espèrent que des investisseurs européens et des autorités publiques vont ensemble racheter l’entreprise et la moderniser. On deviendrait desespéré pour moins que ça. Angela Merkel, Kris Peeters et “l’Europe” en sauveurs de l’emploi ? Leur palmarès fait au contraire craindre le pire. Pour sauvegarder l’emploi, la nationalisation et la reconversion vers le développement et la construction de voitures propres serait bien plus réaliste. Mais cela exige de construire un rapport de forces, qui serait très utile aussi pour l’avenir lorsque d’autres constructeurs automobiles suivront la même voie.

Sans mouvement généralisé, des travailleurs essaient toutefois courageusement de construire ces rapports de forces de leur propre initiative. Par exemple chez Republic Window and Door à Chicago, à Waterford Chrystal en Irlande ou encore chez le constructeur de machines agricoles Kherson en Ukraine, les travailleurs ont occupé leur entreprise avec succès. Les 47 travailleurs du producteur de porcelaine Royal Boch à La Louvière aussi. Imaginons l’impact qu’aurait une occupation menée par les 2.800 travailleurs d’Opel Anvers.

Dans quelques pays comme la France, les syndicats refusent de laisser les entreprises fermer une à une. La deuxième journée d’action, prévue pour le 18 mars, a commencé à être discutée dès la fin de la première le 29 janvier. Il ya quelques mois, après l’introduction du service minimum, Sarkozy avait claironné que l’on pouvait faire grève en France sans que cela ne se remarque. Son discours a changé depuis lors. Ailleurs aussi, les travailleurs doivent défendre leurs intérêts tous ensemble. En mai, nous en aurons l’occasion. La Confédération Européenne des Syndicats (CES) vient d’appeler à une série de manifestations pour soutenir ses revendications face à la crise. A Bruxelles, ce serait le 14, le 15 où le 16. Transformons cette mobilisation en une marche nationale pour l’emploi: que nos politiciens et nos patrons sachent que nous ne sommes pas prêts à payer pour leur crise!


Quel programme anti-crise?

>La seule issue est un plan de relance socialiste!