lundi 4 mai 2009

Le socialisme comme alternative à l’ordre du jour

La Belgique a reçu une petite tape sur les doigts de la part du G20. Elle s’est retrouvée sur la liste grise des paradis fiscaux. Nous ne pouvons pas donner tort au G20 sur ce point, même si tout cela est d’une parfaite hypocrisie vu que les grandes puissances sont très heureuses de pouvoir user et abuser des paradis fiscaux. Par contre, nous n’avons pas besoin du G20 pour savoir que la fraude en Belgique est luxuriante. L’amnistie fiscale, les intérêts notionnels, le manque de contrôle sur l’impôt des sociétés,… sont autant de cadeaux qui ont été offerts consciemment aux patrons et aux riches par les gouvernements néolibéraux.

Par Bart Vandersteene, porte parole du PSL/LSP

Un juge d’instruction a déclaré en mai 2007: “Parfois, j’ai l’impression que le but de nos dirigeants est de faire de la Belgique un Panama fiscal pour les entreprises, mais plus proprement habillée”. Les caisses de l’Etat ont été pillées par des hommes en complet veston, avec de grosses voitures et de belles villas. Tous les partis traditionnels ont participé à ce pillage “légal”. Mais, en Belgique comme ailleurs, cette politique a semé les germes de la crise financière actuelle. Les patrons ont reçu les profits, et nous la facture.

Le PSL se présente aux élections avant tout pour mener une campagne idéologique. La crise du néolibéralisme a éclairé brutalement les fondements de la logique capitaliste. Pendant des années, on nous a bercés d’illusions. Les travailleurs et les chômeurs ont été poussés à s’endetter de plus en plus, parce qu’on leur répétait que la croissance économique, le prix des actions et de l’immobilier,... continueraient à croître indéfiniment. Ils ont aussi été poussés à compenser l’affaiblissement des pensions légales en plaçant leur argent dans des épargne-pensions individuelles qui devaient produire de gros bénéfices via les placements en bourse. Mais aujourd’hui, l’économie pique du nez, la bulle immobilière a éclaté et les fonds de pension vont rapporter beaucoup moins que promis. Il n’est même pas exclu qu’avec la poursuite de la crise, certains fonds de pension s’effondrent. Nous ne pourrons mesurer tous les dommages réels de cette crise que dans 10 ans.

Les événements des prochaines années amèneront beaucoup de gens à se demander s’il ne vaudrait pas mieux en finir avec le système économique actuel. Une couche croissante de travailleurs et de jeunes en tireront des conclusions clairement socialistes. Nous voulons utiliser ces élections pour aider à éclore les premiers germes de cette future conscience socialiste.

Selon un sondage publié début avril aux Etats-Unis, 20% des Américains trouvent que le socialisme serait mieux que le capitalisme et ce chiffre atteint 33% pour les jeunes de moins de 30 ans. Il ne faut certainement pas exagérer la pertinence de ce sondage et il est très possible que les 33% n’aient qu’une idée très vague de ce que signifie le socialisme. Mais ce sondage révèle que la recherche d’un modèle alternatif de société fait à nouveau partie du débat politique, ce qui n’était plus le cas au cours des vingt dernières années, sauf de manière très marginale.

Les effets de la crise vont obliger les travailleurs et leurs familles à résister pour défendre leur niveau de vie. Cette lutte entraînera de larges couches qui sont aujourd’hui passives à passer elles aussi à l’action. Un point sera central dans toute notre campagne: si nous voulons avoir le contrôle de notre vie et notre avenir, il nous faut aussi avoir le contrôle sur la manière dont fonctionne l'économie et la société. Cela ne sera possible que dans une société socialiste.



Interventions du PSL le 1er mai 2009