Participer aux élections, oui mais pour quoi faire ?
"Qu’est-ce qui peut bien pousser un parti comme le vôtre, qui sait qu’il n’a aucune chance d’avoir un élu et qui, en plus, proclame que le Parlement n’est pas le lieu où on peut changer la société en profondeur, à participer aux élections de juin?" Bonne question ! Mais, en fait, la réponse est assez simple.
Si vous jetez un oeil sur nos affiches, vous verrez immédiatement qu’elles ne ressemblent en rien à celles des partis traditionnels. Nous n’exposons pas sur 20 m2 la tête de nos membres avec un sourire à faire fondre Mémé et un slogan débile. Mais nous mettons en avant des idées et des revendications.
Voilà la première grande raison de notre participation. Nous voulons utiliser cette campagne électorale comme nous utilisons toutes les autres occasions - et en particulier les luttes - pour y faire connaître notre programmme. Et nous essayons de profiter du fait qu’à cette occasion, l’attention des gens est braquée un peu plus que d’habitude sur la politique et que les médias nous donnent une - toute - petite fenêtre d’expression qu’ils nous refusent le reste du temps.
Préparer les luttes…
Faire connaître notre programme, cela ne veut pas dire, pour nous, déballer une liste de promesses qui seraient d’autant plus inutiles et mensongères que nous savons bien que nous n’aurions pas d’élus ! Cela veut dire au contraire proposer une série de revendications dont nous pensons qu’elles répondent aux besoins des travailleurs et de leurs familles et appeler ceux-ci à lutter pour imposer ces revendications. Et la seule promesse que nous pouvons faire en étant sûrs de la tenir, c’est que nous serons à leurs côtés dans ces luttes !
Cet appel à se mobiliser pour un véritable plan anti-crise est essentiel aujourd’hui. Car il est absolument clair qu’une fois que le soleil d’été aura fait oublié les belles promesses électorales des grands partis, le gouvernement (soutenu par ces mêmes partis) essayera de nous imposer un plan d’austérité à décoiffer les chauves (voir page 5). Pour y faire face, nous aurons besoin d’un programme clair, d’une force syndicale combative mais aussi d’une force politique qui se fasse le porte-voix de ce programme et qui unisse les résistances. C’est pourquoi nous mettrons au coeur de notre campagne électorale, la nécessité d’un nouveau parti des travailleurs.
…en renforçant le PSL
L’autre objectif de notre participation à cette campagne électorale, c’est évidemment de renforcer notre parti et de gagner de nouveaux membres. La crise est en train de montrer à quel point le modèle néolibéral a enrichi les riches et précarisé les autres tout en conduisant à un désastre économique, social et écologique. Cela ouvre un espace beaucoup plus grand qu’il y a un an encore aux idées anticapitalistes et socialistes. Mais la profusion de petites listes à gauche du PS et d’Ecolo (pas moins de 5 aux élections européennes !) ne va pas aider à rendre crédible l’appel à une alternative anticapitaliste.
Nous ne nous satisfaisons pas de cette dispersion et de cette inefficacité. Et nous ne nous contentons pas non plus de dire qu’ “il faudrait un nouveau parti large de gauche”. Nous avons toujours cherché à participé à toutes les initiatives concrètes qui pouvaient permettre d’avancer dans ce sens (comme la liste Debout autour de D’Orazio en 1999 ou le CAP en 2007). Nous avons contacté le PTB à plusieurs reprises, ainsi que le SP.a- Rood (courant de gauche dans le parti socialiste flamand) pour discuter des collaborations possibles - mais sans obtenir de réponses. Nous présentons une liste commune avec la LCR aux européennes et nous participons à un cartel avec le PC, la LCR et le PH aux régionales à Bruxelles.
Ces alliances électorales ne sont pour nous pas une fin en soi. Notre objectif n’est pas de rassembler les divers petits partis et collectifs pour former une “unité” anticapitaliste qui resterait dans les faits largement illusoire, vu les divergences de politique et de pratique,... et qui n’aurait guère plus de chances de gagner des élus. Par contre, parce qu’elles permettent de diffuser avec plus d’ampleur des revendications combatives et un esprit de résistance, ces alliances électorales peuvent être, selon nous, autant de petits pas dans la bonne direction : montrer la nécessité de construire, avec et autour de la base syndicale combative, un nouveau parti représentant réellement les intérêts et les aspirations des travailleurs.
Pour toutes ces raisons, un vote réellement utile est un vote pour le PSL (ce que n’est pas un vote pour le PS qui permettra à celui-ci de mettre sa signature en automne sur un nouveau plan d’austérité). Et un acte encore plus utile est de rejoindre le PSL pour mener la campagne aujourd’hui et préparer les luttes de demain.
