jeudi 7 mai 2009

INTERVIEW: Guy Fays, secrétaire régional de la FGTB-Namur.

A la manifestation de soutien aux sans-papiers de Namur était présent le secrétaire régional de la FGTB, présent au côté des étudiants. A plusieurs reprises, ces derniers ont déjà pu compter sur l'assistance matérielle du syndicat.

«Si la FGTB s’implique dans ce combat, c’est parce que les sans-papiers sont avant tout des travailleurs, pas seulement dans leur pays d’origine, mais également ici. C’est souvent au noir, dans des conditions de salaires sous les barèmes légaux, sans sécurité,… Dès qu’un problème se pose, le patron est très rarement inquiété, mais le sans-papiers, lui, il file dans un charter pour replonger dans les conditions qui lui ont fait fuir son pays.

Bon nombre de sans-papiers imaginent trouver un paradis ici. Quand on regarde la télé au Sénégal et qu’on voit les émissions occidentales, on ne peut qu’être frappé par le contraste avec la misère qu’ils vivent au quotidien. C’est là qu’il faut frapper. On parle beaucoup de développement économique dans les média, mais on doit avant tout parler de développement social. Le développement économique, cela ne dit pas tout, loin de là, ça cache souvent une grande exploitation. Si on règle ça dans ces pays, on règle les problèmes qui les forcent à partir.

Il y a aussi la question de la lutte pour les droits démocratiques et celle de la migration climatique. Sur ce dernier point, on n’a pas encore suffisamment conscience des conséquences alors que ce sont des millions de personnes qui sont concernées, principalement dans les pays du tiers-monde. Mais ces changement climatiques sont des conséquences de notre économie.

C’est d’ailleurs notamment sur base de ce constat que la FGTB wallonne a lancé une campagne anticapitaliste «Le capitalisme nuit gravement à la santé» (Lire l’article de socialisme.be au sujet de cette campagne). Un des volets de cette campagne est spécifiquement consacré à l’environnement.

Il y a beaucoup de choses à dire à partir de ça. Quand on parle du problème de l’alimentation au Brésil, par exemple, il faut parler des terres qui étaient consacrées à la culture de nourriture et qui sont maintenant réservées aux biocarburants, dont on doit d’ailleurs critiquer la teneur «écologique».

En parlant de l’énergie, l’intérêt du contrôle public sur ce secteur n’est maintenant plus à démontrer. La main invisible du marché et la privatisation (ou «consolidation stratégique» pour reprendre la trouvaille de Di Rupo) n’a eu pour conséquences que d’avoir augmenté les coûts et d’avoir fait chuter les investissements et l’entretien. On peut encore dire que le privé refuse d’aborder la question du nucléaire, qui est pourtant une question cruciale.

On s’est assez éloigné de la question de base sur les sans-papiers, mais pour eux comme pour le reste, le point fondamental est de revoir notre système de production.»