jeudi 7 mai 2009

INTERVIEW: Nourdine, sans-papiers, participant à l’occupation de l’université de Namur.

Après la manifestation pour les sans-papiers qui a défilé dans les rues de Namur, de nombreux participants sont passés dans le local habité par les sans-papiers, à l'université. Là, nous avons discuté avec Nourdine, un des occupants.

«A la base, nous venons de Bruxelles, de l’ULB. Là, on a manifesté devant les gros partis, en terminant devant les bureaux de la ministre Turtelboom. Elle avait promis une réponse, on a même pas eu une réponse négative, on n’a rien eu.

Après toutes les actions, face à l’absence totale de réaction et d’avancée pour les sans-papiers, le désespoir a frappé une partie d’entre nous.

Mais tout ceux qui sont ici à Namur ont toujours refusé la grève de la faim. On a besoin de nos forces pour lutter, et c’est ce qui fait qu’on est toujours là, debout, comme on l’a dit dans la rue aujourd’hui. Et on veut encore continuer! On va continuer!

On refuse un permis de séjour de 3 mois. Ce genre de proposition, c’est juste pour saper la lutte, pour nous endormir. Après les 3 mois, il se passe quoi? On doit continuer nos efforts et rester unis. Quand au gouvernement, on voit que même quand on l’écoute et qu’on respecte les limites qu’il nous impose, on n’obtient rien du tout.

Nous, on veut travailler, on n’est pas ici pour profiter. On parle le français, beaucoup d’entre nous ont des diplômes, mais les autorités nous obligent à rester inactifs où à tomber dans le travail au noir.»