lundi 25 mai 2009

Russie : Répression musclée du mouvement gay !

La Gay Pride à Moscou ? «Il n’y en a jamais eu et il n’y en aura jamais», a signifié le porte-parole de la mairie. Une fois la manifestation repérée, la police anti-émeute de Moscou a débarqué et foncé dans le tas, bavant de rage et matraque au poing. Derrière elle, une centaine de journalistes. Mai malgré la présence des caméras, les centaines de policiers n’ont pas hésité à assener, ici et là, des coups d’une violence inouïe. Des militants LGBT’s ont quand même eu le temps de crier : "Justice contre l’homophobie !" et "Droits égaux pour tous!", avant d’être rapidement tous embarqués.

La commission LGBT du PSL

Le samedi 16 mai au matin, une quarantaine de militants ont été arrêtés à proximité de l’université de Moscou. Parmi les arrêtés : le Britannique Peter Tatchell, qui est présent à chacune des Gay Pride en Russie et qui témoigne «Les méthodes de la police étaient plutôt violentes. On a tordu les bras des gens derrière leur dos (...) C'était assez douloureux (…) Aujourd'hui, ils se battent non seulement pour la liberté des gays et des lesbiennes en Russie, mais aussi pour la liberté d’expression en Russie !», a hurlé le fondateur du Gay Liberation Network, Andy Thayer, juste avant d'être violemment interpellé.

A la veille de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, l’objectif de cette énième tentative des militants LGBT’s russe est clair. Et quoi de mieux qu’un évènement international pour se faire entendre? La manifestation était programmée à un moment clé de la communication officielle, réglée au millimètre près. L’Eurovision se tenait en effet au même moment. Nikolaï Alexeïev, l'un des organisateurs de la Gay Pride et leader du mouvement LGBT’s en Russie soulève le fait que "Le gouvernement russe utilise l'Eurovision cette année comme un gala pour montrer au monde les progrès qu'a fait le pays depuis le début des années 90. Mais ce qui a été observé ce matin dans les rues de Moscou montre au monde à quel point la Russie a peu avancé en matière de droits de l'Homme". Les autorités russes ont mis les petits plats dans les grands, en consacrant quelque 32 millions d'euros à cet événement…

Les militants LGBT’s se heurtent depuis de nombreuses années aux thèses d’un maire ouvertement homophobe. Interdite du temps de la dictature stalinienne, l'homosexualité était considérée comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie mentale jusqu'en 1999. Fortes du soutien de groupes néo-nazis et des intégristes religieux, les autorités russes ont empêché la tenue de 167 manifestations de la communauté gay à ce jour, selon gaypride.ru. Plus tôt cette semaine, deux jeunes femmes russes se sont heurtées à un refus de la mairie de Moscou, fidèle à ses principes, alors qu'elles tentaient de se marier. Le maire de Moscou avait déclenché un tollé international, plus tôt dans l'année, en qualifiant la Gay Pride d'«oeuvre de Satan». «Il y a un lien direct entre les missiles et une orientation sexuelle non traditionnelle. Ce sont tout les deux des armes de destruction massive» avait-il continué. “Quant à la Gay Pride, son but principal, affirme un responsable d’une association de jeunesse orthodoxe, c’est de légaliser les péchés dans notre société. Les homosexuels, poursuit cet homme, veulent montrer que ce n’est pas un péché d‘être gay. Mais je peux vous assurer que nous, les fidèles orthodoxes, nous ne les laisserons pas faire”.

La Russie n’est pas un cas isolé !

Les Gay Pride en Roumanie, Bulgarie, Moldavie, Croatie, Serbie... sont très mal perçues ou réprimées. En Roumanie, depuis la première Gay Pride en 2004, les organisations les plus réactionnaires du pays ainsi que les partis de droite et d’extrême droite soutenus par l’Eglise Orthodoxe roumaine organisent des contre-Gay Pride qu’ils appellent «Marche pour la normalité». En 2008, en Moldavie, la marche pour les droits des LGBT’s a été prise violemment pour cible par des groupes néofascistes sans que la police, pourtant présente sur les lieux, n’intervienne. La même année, en Bulgarie, des militants d’extrême droite et des skinheads ont attaqué la première Gay Pride à coup de cocktails Molotov. Sans doute inspirés par les déclarations du premier ministre, Stanishev, pourtant «socialiste», condamnant «l’étalage de ses orientations sexuelles».

L’homophobie n’est pas seulement présente dans l’ancien bloc soviétique mais aussi dans le monde (Chine, Iran, Afrique,…). Dans ces pays, les Gay Pride ont un caractère revendicatif, beaucoup moins présent dans les pays d’Europe occidentale, parce que l’homosexualité y est encore très mal perçue.

Bref, aujourd’hui encore, dans beaucoup de pays, l’homophobie est une réalité pour de nombreux LGBT qui sont obligés de se cacher ou d’immigrer pour pouvoir vivre leur sexualité sans craindre de se faire casser la gueule au coin d’une rue.

Mais dans notre pays, malgré les avancées légales, le taux de suicide est 13 fois plus élevé chez les jeunes LGBT’s. Lutter contre les discriminations est plus que nécessaire. Nous voulons mener ce combat avec la grande majorité des gens, comme les jeunes, les travailleurs avec ou sans emploi et leur famille. C’est à nous de mener ensemble la lutte contre ceux qui veulent nous diviser - que se soit sur base des origines, des sexes, des religions,… ou des préférences sexuelles - pour mieux nous exploiter. Nous pouvons mettre en place une société sans oppression, ni exploitation, ni discrimination parce que plus personne n’y aura intérêt : une société socialiste démocratique.

Organiser les LGBT’s… contre le capitalisme !

Les LGBTs doivent s’organiser ! Comment ? A l’heure actuelle, les LGBTs militent pour leurs droits dans des organisations exclusivement de LGBT’s, qui n’ont aucun lien à des autres organisations qui luttent pour des changements progressives. Les organisations LGBT ont fait des pressions sur nos gouvernements (Belgique, France…) pour réclamer une égalité des droits et ils ont obtenu des avances légales. Mais ces mêmes organisations ont leurs propres limites, liées aux limites d’un programme «droits égaux». Pour une véritable égalité entre hétéros, bis, trans, et homos, il faut bien plus que des lois.

Tout comme la crise menace les avances dans l’émancipation des femmes, elle menace aussi les droits des LGBT’s. Malgré les lois interdisant la discrimination à l’embauche, dans le logement, etc. ces discriminations continuent comme avant. Pourquoi? Parce que nous vivons dans un système qui repose sur les multiples divisions présentes parmi la grande masse des gens qui doivent travailler pour vivre ou qui doivent, faute d’emplois ou parce qu’il leur est impossible de travailler, survivre d’allocations de misère.

Dans cette classe sociale, la liberté de vivre sa vie comme on veut ne peut être garantie que par un bon emploi avec un salaire confortable. Les jeunes LGBT’s qui subissent, comme les autres jeunes, les conséquences de la crise en termes de chômage, de sous-emplois (temps partiel, titres services,…) et d’insécurité de travail (intérim, contrats à durée courte,…), sont bien obligés de rester chez leurs parents. Dans un tel contexte, assumer ouvertement son orientation sexuelle devient dépendant de la compréhension des parents. L’insécurité de travail en général, avec les discriminations sur le marché du travail, est responsable du fait que la moitié des LGBT’s cachent leur orientation sexuelles à leur patron et leurs collègues. Ce n’est donc pas une coïncidence si le progrès dans l’émancipation a stagné ces derniers 20 années, malgré que plusieurs lois aient été introduites. Ici et là, on assiste même à un net recul.

Pour éliminer toutes les discriminations à l’embauche, la meilleure chose est d’arriver à un chômage le proche possible de zéro pourcent. Mais l’emploi complet n’est atteignable que par la lutte pour la redistribution du temps de travail parmi les travailleurs, en augmentant et diminuant les heures en fonction des flottements dans la production, avec une réelle indexation des salaires. Le «problème» avec cette approche est que cela empêchera les capitalistes de faire des profits. Pour les travailleurs et les masses de la population par contre, une telle situation garantirait un pouvoir d’achat stable et la liberté de mener la vie qu’on veut, tout en assurant une production orientée vers la satisfaction des besoins de la majorité. Nous devons reprendre ce qui disparaît dans les poches de la petite minorité de riches qui détient le pouvoir dans la société.

Un système construit sur la volonté d’une minorité d’exploiter le reste de la population sera toujours marqué par toutes sortes de division, que répandent les médias, l’enseignement,… De là découle la nécessité d’arriver à l’unité entre les couches et les groupes discriminés et opprimés. Cette unité est tout à fait possible car les intérêts de ces groupes convergent vers la nécessité d’une société sans classes, sans oppression et sans exploitation. Mais pour transformer cette unité potentielle en unité réelle, il faut que ces groupes construisent un instrument politique capable de défendre une politique centrée sur la défense de tous les travailleurs - homme ou femme, LGBT ou hétéro, belge ou immigré, sans ou avec papiers,… - contre les parasites capitalistes qui essaient toujours de nous diviser pour mieux assurer leur pouvoir.

Le PSL/LSP appelle à la construction d’un tel instrument politique, un nouveau parti des travailleurs. Dans d’autres pays comme la France, les Pays-Bas ou l’Allemagne, des nouvelles formations de gauche se construisent déjà et nos organisations-sśurs dans ces pays y participent, tout en défendant un programme socialiste qui met en avant la nécessité de la défense de toutes les couches opprimées de la population pour créer une force finalement capable de renverser ce système capitaliste basé sur les discriminations.


Candidats du PSL/LSP membre de la commission LGBT

  • Liste PC-PSL-LCR-PH à Bruxelles: Stéphane PASSELECQ, étudiant, Ixelles, 38e effectif.
  • Liste LSP pour l'Europe pour le collège électoral néerlandophone: Roos Balbaert ROOS, 53 ans, Brugge, postière, 8e effectif
  • Liste LSP pour la région en Flandre Orientale: Michael RAMAN, Zele, 19 ans, étudiant, 5e effectif
  • Liste LSP pour la région en Flandre Orientale: Ken VON DER CRONE, Gand, 23 ans, fonctionnaire, 9e effectif
  • Liste LSP pour la région en Flandre Orientale: Michael BOUCHEZ, Zwijnaarde, 22 ans, étudiant, 5e suppléant
  • Liste LSP pour la région en Flandre Orientale: Davy STEEN, Gand, 21 ans, ouvrier, 7e suppléant
  • Liste LSP pour la région en Flandre Orientale: Timothy JACOBS, Gand, 31ans, cuisinier