samedi 13 juin 2009

INTERVIEW: Youssef, porte-parole de l'OSP

Première victoire pour les sans-papiers de la gare de Bressoux!

Hier soir, après la manifestation de Bruxelles pour la régularisation des sans-papiers, où environ un millier de personnes étaient présentes, nous avons pu discuter avec Youssef à la gare de Bressoux, occupée depuis samedi dernier. Après une bonne mobilisation pour la manifestation, la journée a été gratifiée d'une autre raison de se réjouir: les sans-papiers de la gare sont maintenant chez eux, la SNCB et la ville de Liège ont finalement décidé de permettre l'occupation! Nous avons pu brièvement discuter avec Youssef, le porte-parole de l'Organisation de Défense des Sans-papiers.

SOCIALISME.BE: Youssef, aujourd'hui, tu as plusieurs raisons d'être content...

"Je suis très content. Premièrement, nous avons été nombreux à nous rendre à la manifestation à partir de Liège. Notre délégation était très bonne, on a chauffé la manif'! De la gare jusqu'au point de RDV, on avait déjà chauffé la rue! Ensuite, l'OSP représente maintenant les sans-papiers dans toute la Wallonie. Enfin, notre occupation est une victoire sur Liège, nous sommes chez nous! C'est une étape importante qui a été franchie."

SOCIALISME.BE: Tu as été négocier avec la ministre Turtelboom, tu peux nous dire comment ça s'est passé?

"C'est très simple, elle a quitté la salle après la deuxième question. Elle a utilisé le prétexte que l'on critiquait trop les positions de son parti, l'Open-VLD, pour quitter la pièce. Mais le fait est qu'elle n'a pas de solutions, elle n'a aucune réponse, et c'est difficile de parler dans cette situation..."

SOCIALISME.BE: L'occupation à Liège est une victoire... Tu peux nous en dire plus?

"A l'université de Liège, on devait partir le 30 juin. On était obligé de chercher autre chose. Là, c'était très stratégique, on a commencé l'occupation avant les élection (le 6 juin au matin, NDLR): il n'y avait aucune possibilité de nous expulser de force, surtout à Liège avec le PS au pouvoir. Ils sont forcés de garder une bonne image pendant les négociations."

"On nous a d'abord dit qu'il n'y aurait pas d'intervention de la police. On a quand même eu un peu de pression pour partir, mais on a tenu bon. Il y a un noyau très solidaire, prêt à bouger ensemble. C'est comme ça qu'on a une bonne relation de force: on montre qu'on est ensemble, pas divisés."

SOCIALISME.BE: Et pour la suite?

"Pour la suite, on attend la rentrée, la rentrée parlementaire. Si rien ne bouge encore, on devra intensifier le combat. On attend depuis déjà trop longtemps. Tant qu'il n'y aura pas de régularisation, on continuera. On ne va pas nous endormir avec cette gare! C'est un premier pas, les autres doivent venir."