jeudi 25 février 2010

Carrefour-Zwijnaarde (Gand). Interview avec une déléguée SETCA

Hier, au Carrefour de Zwijnaarde (à Gand), nous avons discuté avec Katrien Tavernier, déléguée BBTK-SETCA. Nous lui avons bien entendu demandé de parler des conséquences de cette fermeture et des prochaines actions prévues.

Par Jonas et Kiel

Depuis combien de temps existe le Carrefour de Zwijnaarde?

«Le magasin a été ouvert en 1975, à l’époque comme Priva 2000. Plus tard, le magasin est devenu GB pour être ensuite repris par Carrefour en 2000. Depuis lors, il y a beaucoup moins de personnel et une partie des travailleurs a été remplacée par des intérimaires. Normalement, ils sont censés avoir un contrat à durée indéterminée après deux ans, mais ce contrat n'arrive jamais. Ils sont systématiquement licenciés après cette période, pour être remplacés par d’autres travailleurs temporaires.»

Carrefour veut fermer ce magasin, entre autres, d’ici fin juin. Concrètement, qu’est ce que cela signifie?

«52 CDI, 12 malades de longue durée - qui sont encore comptés dans l’effectif - et encore une vingtaine de temporaires vont perdre leur emploi.»

Quelle est la raison de cette fermeture?

«Depuis que nous faisons partie du groupe Carrefour, nous n’avons connu que de la mauvaise gestion. Ce magasin connaît de nombreux problèmes: des promotions n'ont pas été validées, le magasin est sale et aucun nouvel investissement n’a été effectué. La situation n’a fait qu’empirer. Et quand les clients ne peuvent trouver que la moitié de leur liste de courses, après quelques fois, ils ne viennent plus bien entendu. Tout cela provient de la mauvaise gestion de la direction, mais c’est au personnel de payer – nous devons par exemple constamment nous excuser auprès des clients si quelque chose n’est pas là. Et maintenant, tout le monde va perdre son emploi, toujours à cause de la direction.

Comment a débuté la grève?

«Hier, une réunion du personnel a eu lieu. Nous y avons parlé des projets de la direction. Le personnel entier a décidé de fermer les portes et de passer à la grève. Tous les CDI font grève, seuls les temporaire non-syndiqués restent dans le magasin - avec le soutien des autres travailleurs - parce qu'ils n’ont pas de protection.

«Lors de la grève précédente, la direction avait envoyé un huissier au piquet. Ce n’est probablement plus le cas parce que Carrefour a perdu son précédent procès contre les grévistes. Seul l’inspecteur de police qui avait accompagné l'huissier est venu pour demander si nous nous attendions à des problèmes.

Quelles sont vos revendications?

«Nous voulons que notre mutation soit garantie vers un autre site, nous ne pouvons plus combattre la fermeture du magasin. Mais la fermeture de ce magasin fera augmenter la charge de travail des autres - nous devons donc y être employés. Nous voulons aussi que les autres magasins arrêtent de recourir aux contrats à durée déterminée. De cette façon, une partie d’entre nous peut rester. Nous voulons la sécurité d'emploi pour tout le monde!»

Quelle est l’atmosphère chez les travailleurs

«Hier, le choc a été énorme, certains collègues ont pleuré. Beaucoup se sont demandés où ils pourraient bien encore travailler. Nous n’avons rien contre notre clientèle qui vient au magasin depuis des années parfois, mais cette grève était nécessaire. Nous devons lutter pour la sécurité d'emploi.»

Quels sont les prochains pas?

«Nous allons poursuivre la grève. Pour certains collègues, le choc est vraiment rude. Nous avons essayé de convaincre une partie d’entre eux d’aller travailler pendant que nous bloquons le magasin, mais tout le monde veut participer à la grève. À partir de ce vendredi, nous passerons éventuellement à des barrages routiers du magasin par une délégation. Le reste des travailleurs pourrait alors aller travailler et ainsi toucher leur salaire. Cela augmenterait la pression sur la direction. De cette façon, nous pouvons continuer longtemps de mener des actions et les gens pourront continuer à payer leurs factures. Une réunion du BBTK aura aussi lieu pour débattre de la stratégie à suivre à l’avenir.»

Comment réagissent les clients?

«La plupart des clients comprennent cette situation. Ils sont eux aussi en colère car ils perdent leur magasin et qu’avec la crise, il peut arriver de même à chacun à tout instant.»

Notre avis

La PSL est d’avis qu’il faut lutter pour conserver chaque emploi et pour le retrait total du plan de la direction. Transférer du personnel vers d'autres magasins, où travailleraient alors moins de personnel temporaire, n'offre aucune solution. Ce ne serait qu’un premier pas de la direction pour ensuite attaquer encore plus les conditions de travail et de salaire. Pour engager ensemble le combat pour préserver chaque emploi, il est nécessaire de développer un plan d'action impliquant tout le personnel pour renforcer la lutte et la solidarité.