Carrefour : piquet de grève à Bierges (Wavre)
Ce samedi, le personnel du Carrefour de Bierges était lui aussi en grève. Nous avons rencontré les travailleurs sur le piquet et avons pu poser quelques questions aux délégués Setca et CNE sur place.
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Quand la grève a-t-elle débuté?
Depuis jeudi à 8h30. Il s’agit d’une grève spontanée, la décision de ne pas ouvrir a été prise en assemblée générale le matin même par le personnel. C’est véritablement un mouvement parti de la base, et la présence au piquet augmente depuis jeudi.
Ce mouvement fait évidemment suite au plan de restructuration annoncé mardi par la direction, dans quelle mesure le Carrefour de Bierges est-il touché par ce plan ?
Il n’est pas concerné par la fermeture mais il n’est évidemment pas isolé. Le passage à la Commission Paritaire 202 signifie une baisse de salaire de l’ordre de 15% et un recul sur toute une série de conditions de travail. Le mouvement met en avant évidemment une solidarité avec les collègues concernés par les fermetures, mais il y a également un ras-le-bol présent pour nos conditions de travail. Ce ras-le-bol vivait déjà avant le plan de restructuration, et celui-ci est venu jeter de l’huile sur le feu.
Le Carrefour de Bierges est un magasin « pilote », qu’est-ce que cela représente au juste?
C’est le magasin dans lequel la direction teste toute une sérié de stratégies. On est ainsi au premier plan pour dire que la direction n’a aucune stratégie commerciale, mais plutôt une stratégie financière. Par exemple, un test était de supprimer la boulangerie et la boucherie. Cela n’avait aucun sens: le personnel qualifié est pourtant bien présent et cela ne va en rien répondre à ce qui est nécessaire pour la clientèle. Que du contraire! Il en a évidemment découlé des échecs commerciaux pour les magasins Carrefour.
Y a-t-il des revendications particulières qui sont mises en avant?
Nous voulons éviter tout licenciement sec (privilégier les replacements, départs à la pré-pension, reconversions). La manière dont a procédé la direction de Carrefour est un non respect pour les travailleurs, cela n’est pas acceptable surtout quand l’on voit que l’entreprise a reçu pour 80 millions d’€ de subsides du gouvernement à travers différentes primes et qu’elle ne paie quasi pas d’impôt sur ses bénéfices. Nous voulons du respect et gagner tout ce que l’on peut avec la loi Renault.
Où en est le mouvement à l’heure actuelle selon vous?
Jusqu’aujourd’hui, il s’agit essentiellement de grèves spontanées. Et la journée de ce samedi n’est pas une «cerise sur le gâteau», il ne s’agit que d’un début de cette lutte. Une stratégie doit encore être élaborée pour la suite du mouvement. Mais nous allons probablement vers un gros conflit.
Carrefour restructure alors que l’entreprise fait des bénéfices en Belgique. Il en allait de même à Inbev. Pensez-vous qu’ici aussi la lutte peut faire reculer la direction sur les fermetures ?
Il est encore trop tôt à l’heure actuelle pour dire cela, mais tout est possible.

