vendredi 27 août 2010

INTERVIEW : Retour sur la grève à Tectéo

Le 30 juillet, trois agents contractuels de l'intercommunale liégeoise Tectéo sont convoqués par la direction et se font remettre leur C4. Suite à ces renvois, la réaction syndicale a été immédiate, avec un mouvement de grève en front commun fortement dynamisé par la base. 15 jours après les évènements, nous faisons le bilan avec Christine Planus, déléguée CGSP à Tectéo.

Lutte Socialiste: au terme du mouvement de grève, quelles revendications ont été entendues par la direction?

Christine Planus: Nous avons obtenu la formalisation de la procédure de licenciement. Alors qu'auparavant on donnait deux mois à l'agent pour améliorer son travail au terme d'une procédure arbitraire, nous avons maintenant 3 mois avec une procédure écrite qui doit être argumentée. Cela protège un peu plus les agents contractuels du « délit de sale gueule »

LS: Vous n'avez donc pas obtenu la réintégration des trois agents ?

C.P: Non, la direction a vraiment campé sur ses positions en ce qui concerne ces trois agents. C'est pourquoi nous avons voulu élargir le débat et porter la discussion sur des principes à respecter en cas de licenciement. Il a bien été question de réengagement, mais sous un nouveau statut nettement moins bon qui n'intéressait pas les agents en question. En ce qui concerne l’affilié CGSP concerné par les licenciements, nous l'avons pris en charge et intenté avec lui une action en justice, mais tout ce qu'on peut espérer, c'est un délai de préavis plus long.

L.S: On a beaucoup dit pendant la grève que ces licenciements étaient une façon de sonder la réaction des travailleurs avant de lancer des attaques plus dures contre le personnel. Qu'en pensez-vous?

C.P: Ces licenciements en pleine période de congé n'étaient bien sûr pas un hasard. Il était important de réagir fermement. Lorsque nous rencontrons la direction, nous entons bien que des attaques se préparent. Si nous demandons l'harmonisation des statuts ouvriers et employés, une mesure qui ne coûte rien à l'entreprise, ça nous est refusé. Cela nous fait penser que l'intention de licencier est bien présente puisqu'on souhaite garder les délais de préavis les plus courts possibles. D'autre part, on nous parle de fusion avec l'ALG. On imagine bien ce que cela peut représenter en terme d'économie d'échelle et donc de personnel excédentaire. Mais quand on demande comment ils comptent s'y prendre pour maintenir l'emploi, on obtient uniquement des réponses évasives. C'est clair, nous avons des craintes...


A propos de Tecteo, sur socialisme.be:

==> Les travailleurs de Tecteo maintiennent le cap

L'an dernier, Tecteo avait connu un conflit concernant un plan de restructuration que voulait imposer la direction. Nous avions à l'époque couvert cette lutte, et voici les différents articles, tracts et reportage-photos du PSL à ce sujet.