mardi 7 décembre 2010

Politique d’asile ? La vraie solution, c’est de s’en prendre aux vrais profiteurs !

Cet hiver, près de 6.000 demandeurs d’asile sont sans logis. Le problème n’est toutefois pas neuf ; l’an dernier déjà, des familles, y compris avec enfants en bas âge, ont dû dormir dans les gares, par un froid glacial. Il faut créer très rapidement quelques milliers de places d’accueil (temporaires).

Par Anja Deschoemacker


Photo ci-contre: délégation du PSL à la manifestation devant le centre fermé de Vottem en 2010: "Travailleurs belges et immigrés, avec ou sans papiers, tous unis dans la lutte!"


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La presse accorde beaucoup d’attention à la division “communautaire” selon laquelle les partis francophones défendraient une politique plus à “gauche”, les partis flamands une politique plus stricte. Aucun d’eux n’a toutefois développé de solution alors que la problématique de l’immigration n’a fait que croître.

Il y a évidemment des différences. Des partis comme le PS, Ecolo, Groen et le CDH mettent plus d’accent sur la nécessité d’une approche sociale, alors que le MR, l’Open-VLD, la N-VA, le CD&V, mais aussi le SP.a mettent plus l’accent sur la nécessité d’une politique d’asile plus stricte concernant les ‘‘abus’’, le regroupement familial,… Mais parmi eux, personne ne parle de la manière de créer une base dans la société pour offrir une vie décente aux demandeurs d’asile comme au reste de la population : un emploi convenable, un logement abordable, des services publics, des soins de santé,... Les demandeurs d’asile ne peuvent pas travailler ici et n’obtiennent pas non plus d’aide financière (faute d’accueil suffisant, cette dernière mesure est toutefois partiellement levée). Avec les règles en vigueur ici, les demandeurs d’asile, tout comme les immigrés ‘‘illégaux’’ (fuir la misère que crée le capitalisme n’est pas une raison légale pour une demande d’asile) sont des proies faciles pour les marchands de sommeil et pour des entreprises malveillantes qui préfèrent les travailleurs illégaux, bon marché et inorganisés.

Il faut d’urgence de nouvelles places d’accueil mais faute de réelle politique sociale, de nouvelles tensions sont à craindre au vu de la pression que cela mettrait sur les structures sociales existantes, qui souffrent déjà cruellement de pénuries. Si une partie de la population pense que la politique sociale est dans l’état actuel parce que trop de monde l’utilise, c’est surtout parce qu’aucun grand parti ne parle des raisons réelles de ce drame: le transfert de richesses de la collectivité vers les patrons et actionnaires.

Il faut évidemment dénoncer les partis ouvertement de droite qui veulent confiner les immigrés et les demandeurs d’asile dans un rôle de citoyens de seconde classe. Mais le mouvement des travailleurs doit prendre ses distances avec les soi-disant ‘‘bienfaiteurs’’ capables de parler d’une ‘‘politique d’asile sociale’’ tout en se taisant sur la manière de trouver les moyens nécessaires. Pire, quand il y a des coupes budgétaires dans l’enseignement, les logements sociaux, les services publics,… ces partis sont toujours présents pour les approuver.

Les différentes crises (économique, écologique, alimentaire,…) du capitalisme attisent énormément la migration. Si nous ne faisons que subir cette situation, le niveau de vie de tous les travailleurs va connaître une spirale négative et les différents groupes de la population seront montés les uns contre les autres.

L’action de l’Union Belge des Ouvriers du Transport (UBOT-FGTB) le 9 novembre dernier constitue l’exemple à suivre : ils revendiquaient l’égalisation des conditions de salaire et de travail de tous les chauffeurs roulant sur le sol belge. Ils n’ont ainsi pas seulement dénoncé les conditions de travail inhumaines des conducteurs d’Europe de l’Est, mais aussi leur propre patronat qui créé des ‘‘entreprises-boîtes postales’’ qui servent de paravents pour employer des chauffeurs de là-bas tandis que les chauffeurs belges sont relégués au chômage temporaire.

Le PSL veut bien plus que la charité. Nous voulons stopper la spirale vers le bas et la mise en concurrence des travailleurs en organisant la solidarité internationale. Nous nous opposons activement à l’instrumentalisation de la position de faiblesse des immigrés par les patrons en luttant pour assurer que les immigrés ne soient pas forcés d’accepter des salaires de misère. Pour cela, nous devons partir à l’offensive pour obtenir une véritable politique sociale, qui utilise les énormes richesses produites en Belgique pour satisfaire les besoins de la majorité de la population. Il faut retirer le pouvoir économique et politique des mains de la petite élite actuelle.