samedi 12 mars 2011

[LIVRE] “It doesn’t have to be like this - women and the struggle for socialism”

La libération des femmes pour le socialisme - le socialisme pour la libération des femmes

Sur base d’études contemporaines, Christine montre que les conclusions de base de Friedrich Engels dans son livre ‘‘Les origines de la famille, de la propriété privée et de l’Etat’’ tiennent toujours la route : la position de la femme est dépendante de sa position dans le processus de travail et la société de classe mine justement cette position. Des études actuelles confirment que les facteurs génétiques et biologiques sont un facteur beaucoup moins important que ce qui est communément pensé. Ainsi, il s’avère que la morphologie des hommes et des femmes préhistoriques ne différait pas tant que ça.

Par Stefanie (Louvain)

Il reste important de répondre à la thèse selon laquelle les femmes ont toujours eu une position inférieure (ce qui justifie que rien ne doit changer). Dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, la division du travail existait également (sans toutefois être aussi stricte que ce que l’on croit habituellement) mais le travail des femmes, surtout la cueillette, constituait la base de la société. Le prestige des femmes était alors aussi grand que celui des hommes. La propriété privée n’existait alors pas, et ce n’était qu’en travaillant ensemble que l’espèce pouvait survivre.

La propriété privée et les différences de classes ne sont arrivées que lorsque le développement de l’agriculture a permis la production d’un surplus, ce qui a aussi été l’impulsion nécessaire à la naissance du troc. C’est à ce moment-là que faire des profits et accumuler des richesses a commencé à devenir important et que la famille est apparue comme une nécessité pour concentrer cette accumulation de richesse dans un groupe limité. La monogamie a été imposée aux femmes, ainsi que toutes sortes de mécanismes pour les contrôler. Nous retrouvons ces mécanismes dans toutes les grandes religions du monde. Les femmes n’étaient légalement pas des individus, mais la propriété de leur père et, plus tard, de leur mari.

Cette logique est fort longtemps restée perceptible dans les lois. Il a ainsi fallu attendre les années ’90 pour que le viol au sein du mariage soit reconnu comme un délit en Belgique. Mais c’est surtout au niveau des salaires et des conditions de travail que cela se constate encore le plus fortement. Aujourd’hui encore, elles ne sont pas vues comme des chefs de famille. Comme les capitalistes veulent toujours se défaire des coûts du maintien de la société, le démantèlement des soins de santé, de l’enseignement ou des soins aux personnes âgées retombent sur les familles, et en leur sein sur le dos de la personne qui a le moins de chances d’obtenir un salaire décent (les femmes, majoritairement).

Les normes et les valeurs ne tombent pas du ciel, elles proviennent de la réalité économique. L’idéologie dominante est celle de la classe dirigeante. S’il s’avère, comme les enquêtes le démontrent, qu’un grand nombre d’hommes considèrent le viol comme excusable si la victime était habillée de façon sexy, cela est en dernière instance basé sur la position inférieure des femmes dans la société. Cette position est, entre autres, confirmée par l’impunité quasiment totale du viol ou de la violence familiale ou encore par la commercialisation totale du corps de la femme dans la publicité, la pornographie et la prostitution. Marx avait bien raison quand il dénonçait que le capitalisme résume tout à une marchandise.

Les moins bons salaires et conditions de travail des femmes sont aussi un outil pour le capitalisme : semer la division. Mais si hommes et femmes luttent ensemble pour leurs intérêts communs, le capitalisme a un très grand problème. Les organisations de défense des droits des femmes doivent se joindre au mouvement des travailleurs.

Le fait que les acquis des femmes sont en recul sur ces 20 dernières années illustre les limites du capitalisme. Renforcer la position des femmes et en finir avec leur vulnérabilité signifie de lutter pour des emplois décents avec de bons salaires, à l’égard des services publics pour alléger les tâches ménagères, pour des logements abordables, pour plus de moyens pour les femmes victimes de violence,… Mais ces choses n’engendrent pas de profits, seulement des coûts, ce qui entre en conflit avec la logique du capitalisme. Pour satisfaire ces nécessités, il faut nous battre pour le socialisme !


L’auteur de “It doesn’t have to be like this”, Christine Thomas, est aujourd’hui active dans notre section soeur italienne. De 1994 à 2006, elle était responsable du travail femmes du Socialist Party, notre section-soeur en Angleterre et au Pays de Galles.