mardi 15 mars 2011

La crise des réfugiés, la honte de ce système malade

Le gouvernement grec a décidé de construire une énorme clôture de 12,5 km de long et de 3 mètres de haut près de la frontière turque. C’est une nouvelle tentative de fermer les frontières de l’Union Européenne pour les réfugiés. Mais cela ne va en aucun cas diminuer leur nombre.

Par Bart Vandersteene

La mondialisation a conduit à une libre circulation du capital et des marchandises. Le capital est libre de chercher les meilleurs endroits pour réaliser des profits maximaux. C’est en totale contradiction avec l’idée d’une société qui place les besoins de sa population au centre de ses préoccupations. La crise du capitalisme ne va faire qu’augmenter le nombre de réfugiés qui recherchent un meilleur avenir.

D’après un porte-parole de l’Agence alimentaire des Nations Unies, une partie importante de la population mondiale sera confrontée à l’insécurité alimentaire en 2011. Ils n’ont que trois options, d’après lui, ‘‘se révolter, fuir ou mourir’’. Se révolter est l’option préférée des socialistes, mais les exemples d’Egypte et de Tunisie illustrent qu’une révolution ne peut pas s’arrêter au départ des figures placées à la tête des régimes. Des multinationales, dont 146 entreprises belges en Tunisie, utilisent les avantages des régimes dictatoriaux : bas salaires, absence de droits syndicaux,…

Stopper cette exploitation et mettre fin au manque de perspective d’un meilleur avenir n’est possible qu’en s’attaquant au capitalisme. Dans le cas contraire, les jeunes vont continuer à rechercher leur avenir ailleurs, comme les 5.000 réfugiés tunisiens qui sont arrivés en Italie en une semaine seulement.

L’émigration n’est pas limitée aux jeunes du monde néocolonial. Chaque semaine, 1.500 jeunes irlandais quittent leur pays. Confrontée à un chômage énorme et à l’absence de toute perspective d’amélioration, la population irlandaise voit le retour d’un phénomène que les générations plus anciennes considéraient comme révolu: l’émigration.

C’est aux multinationales qu’il faut s’en prendre, pas à leurs victimes !

Voilà, c’est l’approche des véritables socialistes. Mais cela ne signifie pas que nous restons aujourd’hui impuissants et passifs envers la politique répressive européenne. Chaque réfugié a des capacités qui peuvent contribuer à la société. Mais les gouvernements européens préfèrent se contenter d’aller chercher des travailleurs bon marché pour s’attaquer aux conditions de travail et aux salaires. Cela conduit à une spirale négative pour tous les travailleurs. En Europe aussi, des travailleurs cherchent à aller travailler ailleurs, avec le danger que le racisme et le nationalisme soient utilisés contre différents groupes de personnes.

Pourquoi l’Union Européenne n’a-telle pas encore introduit de salaire minimum européen en riposte à la compétition des salaires, ou une forme de sécurité sociale européenne combinant les meilleurs éléments des systèmes existants ? Une telle démarche serait une source d’inspiration sur le plan mondial pour tous les travailleurs qui luttent pour leurs conditions de vie et de travail. L’UE a un autre agenda en tête. Elle défend les intérêts des multinationales et des banques. Seul un système socialiste peut garantir que les conditions soient présentes pour que chacun puisse s’installer librement où il le veut afin d’avoir une vie décente.


Manifestation contre le centre-fermé de Vottem : Ce dimanche 3 avril, 14h Place St Lambert à Liège.

Vottem, camp de la honte, 12 ans déjà…, JE NE L’ACCEPTE TOUJOURS PAS ! Comme chaque année, à l'initiative du CRACPE (Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers), une manifestation partira de la Place Saint Lambert à Liège pour se rendre aux portes du centre fermé de Vottem. Les Etudiants de Gauche Actifs et le Parti Socialiste de Lutte seront eux aussi présent pour dénoncer la politique menée dans le monde néo-colonial par les puissances occidentales, la manière dont l’immigration qui en résulte est utilisée ici afin de diviser les travailleurs par le racisme tout en profitant d’une main d’oeuvre corvéable à merci, la pression à la baisse sur les salaires de tous que cela induit... Vous aussi, participez à cette manifestation!

Photo ci-contre: délégation du PSL à la manifestation contre le centre fermé de Vottem, en 2010: "Travailleurs belges et immigrés, avec ou sans papiers, tous unis dans la lutte!"