L’Energie aux mains du public !
Les prix de l’énergie s’envolent. Huit ans après le début de la libéralisation de ce marché en Belgique, nous n’avons jamais autant payé. Et il faudra encore aller chercher plus profondément dans nos poches en nombre d’endroits ! Sophie Dutordoir, topmanager de GDF Suez pour le Benelux et l’Allemagne, avait bien raison de dire cette année à l’université de Gand que : ‘‘La libéralisation du marché de l’électricité n’est pas une bonne affaire pour le consommateur.’’
Electrabel participe à une bonne partie du bénéfice de la société de mère GDF Suez. Ces dix dernière années, au moins 20 milliards d’euros de profits ont été réalisés grâce à elle. La ministre flamande Freya Van den Bossche a dû reconnaître que chaque famille participe aux bénéfices d’Electrabel à hauteur de 800 euros par an !
Mais ce n’est pas encore assez. La prolongation de la vie des centrales nucléaires entraîne des risques monstrueux, mais aussi des bénéfices monstrueux (27 milliards d’euros de profits supplémentaires au total selon le journal économique Trends/Tendance). L’entreprise peut compter sur le gouvernement pour minimaliser ce bénéfice nucléaire. Avec l’aide de la Banque Nationale, il conteste les données du régulateur d’énergie (CREG) qui fait état d’une rente nucléaire de 1,8 à 2,2 milliards d’euros par an.
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Malgré ces gigantesques bénéfices, c’est à peine si Electrabel est soumise à l’impôt. En 2009, l’entreprise n’a payé que 0,04% d’impôts sur ses bénéfices (1,55 milliards d’euros tout de même...). Electrabel a donc payé encore moins que les 94 millions d’euros obtenus par les impôts en 2008. En 2010, l’entreprise a utilisé le mécanisme de la déduction des intérêts notionnels pour 133 millions d’euros.
La privatisation et la libéralisation ont pour conséquence de nous faire payer plus pour l’énergie juste pour remplir les poches des actionnaires de GDF Suez. Celui qui ne peut pas payer a rapidement un compteur à budget installé chez lui, mais personne ne touche à Electrabel !
Il est ridicule d’enrichir quelques grands actionnaires grâce à l’énergie et au détriment de notre sécurité. Cet argent pourrait servir à rendre l’énergie plus accessible pour chacun et non polluante. Le gouvernement doit lui-même investir dans le développement de l’énergie verte, au lieu de se limiter à des subventions qui disparaissent au bout d’un moment et qui servent surtout aux grandes entreprises. En Flandre, l’entreprise Katoennatie a installé dans le Pays de Waas l’équivalent de 160 terrains de football de panneaux solaires. Elle reçoit ainsi entre 12 et 15 millions d’euros par an de subventions.
L’énergie est un besoin de base et devrait être dans les mains du public. Le privé ne garantit pas d’avoir une facture abordable et suffisamment d’investissements dans la sécurité. Une politique énergétique au profit de la population n’est possible qu’en retirant la production et la distribution d’énergie des mains d’Electrabel & Co pour les placer dans les mains de la collectivité par le biais d’une nationalisation sous le contrôle et la gestion démocratiques des travailleurs.
