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Radicalement antifascistes! A l’occasion de la campagne pour les élections communales du 8 octobre, nous risquons à nouveau d’assister à un flot d’insanités racistes et xénophobes de la part des partis fascistes. La situation est toutefois différente dans les différentes régions du pays. En Flandre le Vlaams Blok repré-sente la 3e formation politique de la région, devant le SP, Agalev et la Volksunie. Il se peut qu’il atteigne des scores de 20% dans des villes comme Gand ou Malines ou même 30% à cer-tains endroits à Anvers (Borgerout, Hoboken). A Bruxelles la situation est heureu-sement moins dramatique. Les fascistes francophones sont profondément divisés et régressent dans les sondages électoraux. Mais le Vlaams Blok manoeuvre pour tenter d’améliorer son résultat de 1999. Ainsi à Schaerbeek, l’ex-commissaire Demol présentera une liste sous son propre nom (et non plus sous le nom du Vlaams Blok) afin d’attirer plus d’électeurs francophones. En Wallonie les fascistes de tous poils se sont montrés, jusqu’à présent, incapables de mettre à profit leurs relatifs succès électoraux pour construire un véritable parti. Au contraire, ils n’ont fait que de se diviser. On ne peut que s’en réjouir. Mais attention! Dans la mesure où ils ne se sentent pas obligés de pré-senter une façade électorale "honorable", les fascistes sont prêts aux agressions racistes. Le meurtre d’Elie Farez à Liège est là pour le rappeler. D’autre part, il serait illusoire et dangereux de croire que la Wallonie est immunisée contre le danger fasciste. A La Louvière, aux élections communales de 1994, le Front national est passé de zéro à 7 élus (15%!). Quelques jours après les élections, on a découvert que le premier élu des fascistes louviérois était recherché par la justice pour avoir participé à un hold-up. Que les fascistes soient des aventuriers sans principe, on le savait déjà. Mais le plus alarmant est que, dans une région qui continue à perdre des milliers d’emplois (Boël, Bombardier), le dégoût de la population envers les partis traditionnels pousse 15% des électeurs à voter pour des aventuriers fascistes! Le chômage massif (le Borinage bat tous les records d’Europe) surtout chez les jeunes, les fermetures et les restructurations, l’extension de la pau-vreté (minimexés, petites pensions), la privatisation progressive des servi-ces publics (Belgacom, Poste, déchets ménagers,...) est un choc dra-matique pour une grande partie de la population wallonne qui a misé pendant des décennies
sur le Parti socialiste pour améliorer son sort. Le retour de manivelle risque d’être terrible.
Parce que les jeunes constituent l’avenir de la société, il ont une place de choix à occuper dans la lutte
contre le racisme, la xénophobie et le fascisme. Nous les invitons à participer, avec Jeunes contre le
Racisme en Europe (JRE), à une vaste campagne antifasciste dès l’été: arrachage des autocollants
racistes ou fascistes, surcollage de leurs affiches, tracts aux concerts de l’été, et aux écoles dès la rentrée. Toutes ces activités antifascistes ne doivent toutefois pas nous faire oublier qu’il faut en plus refuser deux choses. La première, c’est de refuser que les partis traditionnels mènent sur certains points la même politique que l’extrême-droite (déportation massive des tziganes, expulsions par avion militaire, amalgames du ministre de la Justice entre "immigration" et "délinquance"). La seconde, c’est de ne pas admettre que le gouvernement (PS, PRL, Ecolo) continue, par sa politique, à aggraver le fossé entre riches et pauvres et par là creuse le lit de l’extrême-droite. Karl Debbaut Au cours des derniers mois des groupes de Jeunes contre le Racisme en Europe (JRE) se sont formés à Bruxelles et à Liège. JRE (Youth against Racism in Europe - YRE en anglais) est un mouvement international de jeunes qui s’est formé en 1992. En Flandre JRE s’appelle Blokbuster. Une
nouvelle campagne antiraciste Blokbuster/JRE a joué un rôle important dans la première vague de protestations contre la montée électorale du Vlaams Blok en novembre 1991. A travers de nombreuses manifestations locales, grandes et aussi plus petites, de blocage des réunions du Blok et toutes sortes d’actions de protestation, nous avons formé l’aile gauche du mouvement antiraciste. Près de 2.000 jeunes et - parfois moins jeunes - se sont organisés dans les groupes locaux de Blokbuster en Flandre. Notre activité a fortement contribué à freiner l’influence du Blok parmi toute une génération qu’il voulait toucher lors de sa campagne menée vers les écoles pour "dénoncer les profs progressistes". En Flandre principalement, Blokbuster est considérée comme l’organisation antifasciste la plus conséquente. Cet avis ne se limite pas au public d’extrême-gauche; il est plus largement partagé chez les militants syndicaux ou/et antiracistes. En 1992 Blokbuster était à l’initiative d’une manif internationale contre le racisme à Bruxelles (40.000 jeunes venus de toute l’Europe). C’est à cette occasion que YRE s’est formée. Nous étions convaincu que la lutte contre le racisme devait se faire internationalement. Blokbuster/JRE a toujours compris qu’il ne suffisait pas de se limiter aux revendications "démocratiques", souvent moralisantes, pour combattre l’influence du racisme. Il fallait aussi un programme et une action qui s’attaque aux problèmes sociaux, économiques et politiques qui sont à la base du soutien populaire aux idées racistes. C’est pourquoi nous avions pris l’initiative en 1993 d’organiser en collaboration avec les jeunes FGTB de Flandre, une Marche des Jeunes pour l’Emploi, contre le Racisme et le Fascisme. Nous avons toujours expliqué que malgré toutes ces actions où nous pouvons jouer un rôle important, Blokbuster/JRE ne peuvent pas se substituer au mouvement ouvrier organisé. Lui seul a la capacité de repousser définitivement le racisme et les fascistes en se battant pour une société sans exploitation ni pauvreté. Mais pour faire cela, il ne faut pas compter sur les dirigeants des anciens partis ouvriers de masse traditionnels, le PS et le SP, ni sur les dirigeants des syndicats qui préféraient la concertation avec leurs amis sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates du gouvernement de Dehaene plutôt que la lutte. Depuis la formation du gouvernement Verhofstadt il est clair que les verts sont prêts à avaler une politique de droite. L’absence d’alternative radicale à gauche implantée dans les entreprises, les quartiers populaires et les écoles a ouvert un espace où les fascistes ont pu s’engouffrer pour se forger une assise électorale en Flandre et la consolider. Un danger qui reste une menace importante aussi en Wallonie et à Bruxelles. Il ne suffisait pas de faire ce constat, il fallait aussi essayer de le résoudre. En 1991 la chute du mur de Berlin et du "socialisme réel", donc des ré-gimes staliniens, était encore fraîchement dans les mémoi-res. Beaucoup de jeunes estimaient qu’il fallait se méfier des concepts globaux (comme, par exemple, le socialisme). Cela ne signifie pas qu’ils ne se radicalisaient plus, mais leur radicalisation se limitait à des thèmes spécifiques sans lien avec une critique de la société. En Flandre il y a eu les antiracistes et antifascistes radicalisés (par exemple Blokbuster), plus tard des activistes en défense des droits des animaux (par exemple Gaia) et d’autres groupes d’action du même type. C’étaient d’abord des groupes d’action qui regroupaient un nombre important de jeunes radicalisés sur des thèmes limités. Blokbuster pensait qu’en luttant ensemble sur le thème du racisme, des jeunes allait s’ouvrir pour un débat plus large sur la société en général. Malheureusement l’inertie du mouvement ouvrier organisé et la trahison ouverte des minis-tres sociaux-démocrates à créé une situation dont les fascistes du Vlaams Blok ont pu profiter. Les victoires électorales successives du Blok ont épuisé cette première vague du mouvement antiraciste. Aujourd’hui l’étoile de la victoire du capitalisme sur le pseudo socialisme à l’Est est devenue plus pâle. De nouvelles couches de jeunes se radicalisent. Ils n’ont plus cette naïveté sur la "démocratie" des antiracistes du début des années 90. Par conséquent ils ne se laissent plus mobiliser aussi massive-ment pour "la tolérance" ou sur d’autres sujets isolés. Ils sont certes encore moins nombreux, mais leur radicalisation est plus générale, plus profonde. Des mobilisations com-me celle de Seattle où même celle du carnaval anticapitaliste à Londres montrent une critique anticapitaliste sous-jacente de la société. Ils se mobilisent contre les multinationales, l’exploitation capitaliste et l’impérialisme. Par contre ils continuent à se méfier des organisations même si celles-ci ont accumulé beau-coup d’idées et d’expériences à travers des dizaines d’années de lutte. Ils sont prêts à s’enga-ger, à faire des sacrifices considérables, mais se rappellent les dérapages du stalinisme et de la social-démocratie et pour certains même des verts. Ils veulent avoir la possibilité de faire marche arrière si nécessaire. Il faut donc gagner leur confiance. C’est ce que Blokbuster/JRE veut faire en regroupant ces jeunes dans un réseau avec un programme clair, sans pour autant supposer qu’ils aient déjà une vision claire des changements qu’ils voudraient apporter. Dans la lutte contre le racis-me il faut forger au maximum l’unité de ceux qui veulent réellement se battre. En même temps il faut faire gaffe à ce que l’unité n’aboutisse pas à soutenir les forces politiques co-responsables de l’extension de la pauvreté qui mène au racisme. Nous ne voulons pas une unité qui freine l’action, mais une forme d’unité qui nous rende l’action plus efficace. Cet été JRE/Blokbuster sera présent à divers concerts de rock pour préparer la lutte pour les prochaines élections. N’hésitez pas de rejoindre notre réseau et d’aider à construire un mouvement puissant et conséquent. JRE
propose 1.
Unité des
jeunes et des travailleurs, Belges et immigrés. 2. Droit de vote pour les immigrés sur le plan communal, national et européen. 3. Arrêt des harcèlements policiers contre les immigrés. 4. Arrêt des privatisations des services publiques et du démantèlement des services. Elargissement des services et du personnel avec des contrats stables. Possibilité de recrutement des immigrés aussi dans les services publics. 5. Il faut s'en prendre aux multinationales, pas aux réfugiés. Non aux expulsions, des papiers pour tous. 6. Mettre fin à toute forme de racisme, de sexisme et de discrimination. 7. Des emplois convenables pour tous! L’introduction de la semaine de 32 heures sans perte de salaire et avec embauches compensatoires. Des contrats stables. Stop à la flexibilité. 8. Des logements convenables et abordables pour tous (un programme massif de construction de logements sociaux et de rénovation). 9. Un enseignement de bonne qualité et gratuit à chaque niveau. Enseignement gratuit des langues. Liberté de choix d’école, aussi pour les immigrés. 10. Pour une société socialiste où la production est organisée en fonction des besoins et non pas en fonction du profit. "Plus de vanille, moins de moka" Wim Verreycken,
Vlaams Blok au congrès à Anvers en juin dernier
Le Vlaams Blok essaye de se donner une image plus respectable. Lors de son dernier congrès à Anvers, la salle a résonné d’expression telles que "plus de vanille, moins de moka" ou "s’adapter ou foutre le camp".
Dans son intervention, Filip De Winter s’est emporté contre la Bourgmestre d’Anvers, Léona Detiège, qui avait refusé de louer une salle communale au Blok pour son congrès. "Staline vit encore, ici à Anvers" s’est écrié Dewinter, comparant Detiège à Staline. Dans son discours, il a aussi mentionné "qu’on veut obliger nos enfants d’apprendre la musique des nègres, le tam-tam."
Le racisme est le lien entre les grosses légumes du Blok (qui sont des fascistes pur porc) et leur base électorale. Au quartier général du Blok, ils savent que leur base n’est pas satisfaite du vrai programme du Blok. La base n’est pas là pour entendre que leur parti veut abolir les allocations de chômage, interdire les syndicats et la charité pour les pauvres. C’est pourquoi le Blok tient des discours différents selon qu’il se trouve dans les quartiers populaires ou dans les zones résidentielles. Ainsi le Blok exige l’annulation des dettes des grandes villes: une revendication qu’il peut facilement défendre puisqu’il n’a pas de concurrent sur le terrain.Une véritable campagne pour un programme massif de rénovation, de construction de logements sociaux et d’annulation des dettes démasquerait le soit-disant côté social du Blok. C’est de telles campagnes que Blokbuster/JRE mettront en avant.