vendredi 13 mars 2009

Quelles campagnes pour les droits des femmes ?

Comme ce site l’a déjà rapporté, nous avons tenu une conférence à l’occasion de la Journée Internationale des Femmes samedi dernier à Bruxelles. Différentes discussions ont eu lieu, et les dernières prises de parole ont été consacrées aux campagnes internationales et nationales auxquelles nous ou notre internationale, le Comité pour une Internationale Ouvrière, participent.

Quand on regarde l’histoire du mouvement des femmes et du mouvement ouvrier, il est clair que sans l’intervention des socialistes et des révolutionnaires, il n’y aurait pas eu de Journée Internationale des Femmes. Mais un siècle après, la nécessité de lutter est toujours d’actualité.

Dans des dizaines de pays, notre internationale et ses sections luttent pour la reconstruction du mouvement ouvrier. Dans plusieurs pays, de nouvelles formations de gauche sont apparues. Nous sommes heureux de ces développements et y participont là où nous sommes présents (dans Die Linke en Allemagne, dans le P-SoL au Brésil, dans SOLIDARITY en Ecosse ou encore, plus récemment, dans le Nouveau Parti Anticapitaliste en France). Mais ces partis manquent des traditions perdues au cours des 20 dernières années, dont celle de voir la lutte des femmes comme partie intégrante des luttes du mouvement ouvrier.

Ainsi, au Brésil, nos camarades ont lutté activement pour la défense du droit à l’avortement dans le P-SoL. Une partie de la direction de ce parti avait cédé de façon opportuniste à l’atmosphère présente dans la société brésilienne, qui résulte des années précédentes de politique néolibérales.

Toutes les formes d’oppression et d’exploitation sont liées entre elles. Pour avancer, nous devons mener le combat contre les préjugés existants. Nos sections, partout dans le monde, luttent ainsi pour la défense du droit à l’avortement, remis en question aux quatre coins du globe.

Au Pakistan, nos camarades ont organisé une campagne massive contre la violence domestique et au Sri Lanka, nous sommes la seule organisation politique à lutter contre la guerre civile. La population tamoule y est poussée dans des camps, et chacun peut imaginer les conditions qu’y rencontrent les femmes (viols,…).

On peut encore continuer la liste longtemps, mais partout nous agissons en mettant l’acent sur le fait que l’oppression des femmes provient de la société de classes. Aujourd’hui, des milliars de personnes doivent se battre pour les miettes laissées par une poignée. Parmi les pauvres, les femmes sont évidemment nombreuses, et ce sont elles qui subissent les pires conditions.

La solidarité dans la lutte contre le capitalisme est un point crucial. Contre ce système organisé mondialement, il est nécessaire de s’organiser également mondialement. C’est la raison pour laquelle le Parti Socialiste de Lutte fait partie du Comité pour une Internationale Ouvrière. Nous voulons défendre les opprimés où qu’ils soient comme une priorité, non pas comme quelque chose de lointain, au contraire de certains qui ont pu considérer la lutte pour les droits des femmes comme un point secondaire.


La crise économique ne peut plus être niée aujourd’hui. Elle est fort visible, particulièrement au niveau de l’emploi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avançons l’idée d’une Marche nationale pour l’emploi, une mobilisation qui passerait au-dessus de toutes les divisions dans le monde du travail, et au-dessus de la plus importante : celle entre travailleurs et travailleuses.

Parfois, lors de nos campagnes en rue, nous devons argumenter contre des idées du type "laisser l’emploi aux hommes". Beaucoup de traditions du mouvement ouvrier ont été perdues, et cela a un impact sur les consciences. Nous avons absolument besoin d’un instrument politique large qui remette en avant les traditions du mouvement ouvrier et qui puisse porter des revendications telles que :

Mais à côté de ces revendications, qui touchent aussi les femmes (avec une attention toute paarticulière à l’augmentation des salaires et des allocations), d’autres revendications plus spécifiques sont à défendre dont :

L’obtention de ces exigences ne tombera pas du ciel. Dès aujourd’hui, nous avons besoin de militants qui portent ces questions au sein du mouvement ouvrier. Nous avons créé dans le PSL une commission femmes pour aller en profondeur dans ces thèmes et pour porter différents types de campagnes.

Entre autres, en plus de conférences du type de celle d’aujourd’hui, nous avons organisé une manifestation le 8 mars 2008 à Bruxelles et avons mené différentes campagnes antisexistes dans les universités.

Ces occasions nous servent surtout à rentrer en contact avec des femmes pour mener la discussion au sujet de la société alternative ainsi que sur la nécessité de construire un parti révolutionnaire socialiste capable de développer des cadres révolutionnaires pour lutter au mieux contre le capitalisme.

Dans ce système, une émancipation des femmes est impossible. Le patronat se nourrit de divisions pour assoir son pouvoir. L’émancipation doit avoir une base matérielle, c’est-à-dire une société basée sur l’épanouissement des besoins de chacun : le socialisme !

Pour cela, nous devons nous organiser dans un parti révolutionnaire capable de tirer des perspectives claires et d’offrir une direction aux luttes.


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